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BOR #2023:  Soutien aux familles des membres du clergé

Depuis plusieurs années, les membres du clergé, qu’ils soient mariés ou célibataires, expriment leur inquiétude par rapport au stress qu’ils ressentent dans leurs congrégations. L’expression « la vie dans un aquarium » décrit la façon dont Frank J. Stalfa, pasteur et thérapeute, voit la vie du pasteur et du conjoint [le mari ou la femme de pasteur], et des membres de leur famille au sein des congrégations locales. L’image est cruellement exacte pour décrire la situation que peut vivre un pasteur : des attentes irréalistes, des frontières quasi inexistantes entre la vie professionnelle et la vie privée, des existences perturbées, des crises dans la carrière du pasteur ou dans les programmes éducatifs, des demandes sans limites de la part des paroissiens et la pression ressentie par le conjoint et les enfants du pasteur (EP), qui ont l’impression que leurs besoins personnels ou professionnels ne comptent pas, et qu’ils doivent être des chrétiens « modèles ».

Le syndrome EP (enfant de pasteur) apparaît dans des études sur les enfants et les jeunes issus d’une famille de pasteur ; ces études parlent de la pression ressentie par les enfants de pasteur à donner l’exemple aux autres enfants par un comportement exemplaire (l’élève brillant, la fille/le fils modèle, l’adolescent qui réussit tout) avec pour conséquence de limiter l’individualité et le développement de ces enfants et adolescents. Les retraites organisées par les conférences annuelles sont l’occasion pour les EP (PK en anglais) de recevoir un appui et des encouragements, ou de partager les pressions et les joies qu’ils vivent. Les blogs sont aussi un lieu d’expression pour les EP (www.preacherkids.com ). Les congrégations prennent conscience qu’elles sont essentielles au bien-être des enfants de pasteur.

L’enquête menée en 2009 sur les conjoints et les familles de pasteurs par la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes (GCSRW), en collaboration avec le Conseil général de l’Enseignement supérieur et du Ministère (GBHEM), le Conseil général des Pensions et Avantages sociaux (GBOPHB) et le Conseil général du Discipolat (GBOD) a reçu 3 100 réponses de la part des conjoints de membres du clergé de l’Église Méthodiste Unie. Le résultat de l’enquête fait écho aux réponses d’un sondage mené en 1992 concernant les facteurs contributifs au stress dans les familles de pasteurs : temps insuffisant passé ensemble, utilisation de l’argent, niveau de revenu, difficultés de communication, désaccord sur les activités de loisirs, difficultés dans l’éducation des enfants, divergences concernant le choix entre la carrière du pasteur et celle du conjoint. L’une des conclusions particulièrement troublantes du sondage fut que 80 % des pasteurs ont dit considérer que leur ministère pastoral avait un impact négatif sur leur famille. L’enquête de 2009 sur les conjoints de pasteurs et leur famille a révélé des impressions similaires de la part des conjoints, et elle a mis en lumière les changements qui se  produisent parmi les conjoints.

Bien que la majorité des conjoints soient des femmes, un nombre croissant de conjoints sont des hommes. Cette nouvelle donne fait apparaître que le « rôle » de conjoint de pasteur est plus lié au sexe de la personne qu’au « poste » de conjoint d’un membre du clergé. Parmi les différences de traitement réservé aux hommes mariés à une femme pasteur, on notera particulièrement ce qui suit : au lieu d’être appelés conjoint de membre du clergé, ils sont désignés comme « homme marié à une ministre » ; par ailleurs, les attentes formulées envers les épouses de pasteurs telles que la garde des enfants, faire partie d’un chœur, enseigner à l’école du dimanche ou participer au culte ne sont pas formulées envers les hommes conjoints de pasteurs. Chez les conjoints hommes, le maintien d’une identité personnelle et professionnelle distincte ne semble pas être aussi difficile que dans le cas de nombreuses épouses de pasteurs qui luttent pour préserver du temps pour leur travail, leur famille ou poursuivre une formation. Cela suggère que les attentes envers les conjoints de membres du clergé sont non seulement ancrées dans les traditions, mais dépendent aussi du sexe de la personne. Des recherches plus poussées pourraient guider l’Église dans la façon d’exercer un ministère efficace auprès des conjoints de pasteurs et auprès des congrégations pour les accompagner dans cette transition des rôles.

Ce qui change aussi est le rôle « traditionnel » de soutien assuré par le conjoint de pasteur. Les générations précédentes de conjoints de pasteurs étaient en général disponibles pour assurer un rôle de leadership supplémentaire au sein de l’église locale. Cependant, l’enquête de 2009 a révélé une situation actuelle très différente car les conjoints de pasteurs travaillent à plein temps (55 %), à temps partiel (17 %), et seuls 12 % sont au foyer ;  30 % des conjoints de pasteurs ont un diplôme universitaire et 43 % ont un diplôme de 2e ou 3e cycle, ce qui fait d’eux l’un des groupes les plus diplômés de notre dénomination ; parmi les personnes sondées, on dénombre 78 % de femmes, 21,7 % d’hommes ; 70 % considéraient que leurs enfants étaient satisfaits d’être « enfants de pasteur », et 18 % des parents ont indiqué qu’ils ne savaient pas comment leurs enfants évaluaient cette expérience ; 80 % des conjoints en sont à leur premier mariage et indiquent un taux de satisfaction très élevé concernant leur couple (N.B. : cette enquête n’a pas pu atteindre les conjoints divorcés de membres du clergé ÉMU) ; et 49 % sont dans la tranche d’âge de 51 à 64 ans, avec au total 38 % en dessous de 50 ans. La nature changeante du rôle de conjoint de pasteur n’a pas encore modifié les nombreuses attentes émises par les congrégations. (The Clergy Spouses and Families in the United Methodist Church Survey [Enquête sur les conjoints et les familles des membres du clergé au sein de l’Église Méthodiste Unie] 2009, )

Bien que l’enquête de 2009 ait montré que le rôle de conjoint de pasteur et les attentes envers eux sont en train de changer, elle a aussi révélé que les conjoints ont le sentiment d’être invisibles ou seuls, de faire l’objet de ragots et d’hostilité, que leurs besoins d’un logement sûr et de qualité ou leurs aspirations professionnelles ne sont pas pris en considération ; il y aussi la méfiance chronique ressentie s’ils cherchent un conseil matrimonial ou familial de peur que l’Église (au niveau local et de la conférence annuelle) ne les perçoivent comme étant « perturbés », ces impressions demeurent trop fréquentes parmi les conjoints de nos pasteurs.

Il serait inconcevable que les congrégations imposent délibérément le stress et la douleur que peuvent causer le fait de vivre dans un « aquarium ». Les paroissiens ne trouveraient certainement pas acceptable que leurs attentes et leurs exigences (verbales ou tacites) puissent causer de la douleur et des souffrances aux familles des membres du clergé.

Une communauté chrétienne pour toutes nos familles

En tant que Méthodistes Unis, nous envisageons des églises et des congrégations où tous les enfants de Dieu sont les bienvenus à la Table, tous sont nourris, respectés pour les dons et les talents qui leurs sont propres, et transformés pour être Christ envers les autres dans le monde. Nous sommes une Église de disciples, chacun est pleinement impliqué dans la transformation du monde indépendamment de son statut familial.

Notre Église accorde beaucoup de valeur à ses familles, pourtant les besoins et les crises vécues par nos familles de pasteurs ne peuvent pas rester inaperçus, non identifiés et non traités. Les familles des membres du clergé sont comme toutes les autres familles, elles ont des forces et des tensions similaires à toutes les familles. Comme toutes les familles, elles ont besoin d’un espace privé et de limites qui protègent leur vie personnelle.

 

Que peut-on faire ?

Les rôles des conjoints de pasteurs et de leur famille sont uniques et ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur. Ces rôles sont toutefois essentiels au bien-être et au succès du ministère du pasteur. Assurer la santé émotionnelle, spirituelle, physique et économique des familles de nos pasteurs est un ministère à recommander à chaque congrégation et à chaque conférence annuelle. Reconnaissant que les membres du clergé ont des familles qui sont différentes les unes des autres, avec des besoins propres à chacune, les paroissiens peuvent :

1. Examiner leurs propres attitudes, perceptions et attentes afin d’identifier celles qui ne sont pas réalistes ;

2. Se poser les questions qui permettront de déceler tout sexisme ou racisme dans les attentes qu’ils entretiennent et les suppositions qu’ils font : Si tel conjoint de pasteur ou membre de sa famille appartenait à un autre sexe ou une autre race, aurais-je les mêmes attentes ? Ferais-je les mêmes suppositions ? Réagirais-je différemment si elle/il était un membre de la famille d’un paroissien ?

3. Se souvenir que les pasteurs et leur famille sont des êtres humains ayant une vie privée et une vie professionnelle ;

4. Permettre aux familles de pasteurs de s’exprimer en sécurité et sincèrement lorsque la tension monte ;

5. Encourager les familles de pasteurs à chercher de l’aide ; prendre l’initiative de fournir des ressources et un soutien ;

6. Régulièrement clarifier leurs attentes et faire en sorte qu’elles soient réalistes, sachant que les piédestaux sont fait pour les statues ;

7. Réserver du temps à la famille et protéger les frontières de la vie familiale ;

8. Fournir un presbytère convenable, salubre, propre, sûr et de qualité (que la famille du pasteur devra traiter avec soin et respect) étant entendu que ce logement est le foyer de la famille du pasteur et non pas un prolongement de la propriété de l’église.

Les congrégations peuvent partager les modèles efficaces et renouvelants qui fonctionnent dans les régions épiscopales et les conférences annuelles y compris, mais sans s’y limiter, les modèles suivants :

1. Conférence annuelle de l’Iowa  What Do I Do If . . .?  (Que faire si … ?) Ce guide pratique destiné aux conjoints de pasteurs leur est distribué lors de la consécration ou de l’ordination du membre du clergé.

2. La conférence annuelle de Floride a créé un programme qui nourrit, guérit, et offre des soins préventifs aux membres du clergé et à leur famille, Shade and Fresh Water (Ombre et eau fraîche). (L’approche en trois parties comprend une présence thérapeutique pour les familles en crise ou dans le besoin, notamment un accompagnement avec conseils professionnels et un espace sûr ; un programme préventif pour les familles de pasteurs en transition entre deux nominations ; et un programme qui offre un modèle sain de vie équilibrée.)

3. Divers programmes, orientations et initiatives d’organismes tels que le Center for Ministry, le Center for Pastoral Effectiveness and Spiritual Direction, et des sites Web tels que Desperate Preacher ’s Site (Le Site du prédicateur désespéré), PreachersKids.com et spouseconnect. blogspot.com sont disponibles.

4.   www.gcsrw.org/Clergyspouse Site Web pour publier des articles, annoncer des événements, des retraites, ou diffuser des ressources pour les conjoints de pasteurs et leur famille.

5. Le livre How the Other Half Lives: The  Challenges Facing Clergy Spouses and Partners (Comment vit l’autre moitié : Les défis à relever pour les conjoints et partenaires de pasteurs), Johnna Fredrickson et William A. Smith. Éditions The Pilgrim Press, Cleveland, Ohio, 2010.

6. Clergy Housing Handbook: Parsonages (Guide pratique du logement pour les pasteurs : Les presbytères) disponible sur 

www.gcsrw.org/clergyspouse     :

Ce recueil des meilleures pratiques provenant des conférences annuelles offre des recommandations pour le logement et des listes de contrôle visant à faciliter une communication ouverte, saine et compatissante entre les membres du clergé, leur conjoint, leur famille et les paroissiens.

7. Collaboration continue entre la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes, le Conseil général de l’Enseignement supérieur et du Ministère, le Conseil général des Pensions et Avantages sociaux, le Conseil général du Discipolat, et la Commission générale sur la Religion et la Race.

En conséquence, il est résolu que la Conférence Générale de l’Église Méthodiste Unie demande à chacun des groupes suivants de répondre à la crise croissante qui sévit parmi les familles de notre clergé :

1. La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes collaborera avec le Conseil général de l’Enseignement supérieur et du Ministère, le Conseil général des Pensions et Avantages sociaux et le Conseil général du Discipolat pour convoquer un sommet visant à traiter les questions qui touchent les conjoints de pasteurs et leur famille, identifier  et promouvoir les ressources pertinentes et efficaces qui existent déjà, planifier l’élaboration de ressources supplémentaires en vue de répondre à ces préoccupations, et proposer des recommandations législatives à la Conférence Générale de 2016.

2. Les évêques, les cabinets et les conseils du ministère ordonné promouvront des ressources, des modèles de formation et d’orientation spécifiques pour les conférences annuelles et un accompagnement avec conseils d’assistance pour tous les membres du clergé et leur famille.

3. Les comités pour les relations personnel-paroisse utiliseront des stratégies et des ressources de formation pour répondre à ces préoccupations spécifiques des membres du clergé et de leur famille.

4. Les surintendants de district et leur conjoint peuvent être sollicités pour assurer un leadership et fournir des exemples de stratégies réussies à utiliser en faveur des familles de pasteurs. Les surintendants traiteront cette question en priorité dans leur travail avec les congrégations locales lors des transitions et pour les nominations reconduites.

5. Les commissions sur le statut et le rôle des femmes au sein des conférences annuelles mèneront une enquête auprès des conjoints et des familles de pasteurs pour assister les conférences annuelles, les évêques et leur cabinet, ainsi que les agences générales à recueillir des données et créer des ressources et des stratégies pour répondre aux défis auxquels les familles de pasteurs sont confrontées.

6. La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes hébergera une page sur son site Web www.gcsrw.org consacré à la publication de ressources disponibles, de liens et d’annonces sur les événements des conférences annuelles se rapportant aux ministères de soutien aux conjoints de pasteurs et leur famille.

7. La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes publiera une page sur son site  www.gcsrw.org the Clergy Housing Handbook: Parsonages (Guide pratique du logement pour les pasteurs : Les presbytères) gratuit, facilement accessible pour les églises locales, le conseil d’administration des conférences annuelles, les conseils personnel-paroisse, les évêques et leur cabinet, les conseils du ministère ordonné, et les commissions sur le statut et le rôle des femmes.

8. Le résultat des recherches, les données et les conclusions tirées par GCSRW et les autres conseils généraux et agences de l’Église seront publiés sous forme de document de synthèse qui sera mis à disposition par les conférences annuelles Méthodistes Unies et autres dénominations ou organes religieux.

ADOPTÉ EN 2004

AMENDÉ ET RÉADOPTÉ EN 2012

RÉSOLUTION N° 2023, LIVRE DES  RÉSOLUTIONS 2008, 2012 

RÉSOLUTION N° 22, LIVRE DES  RÉSOLUTIONS 2004 

Cf. Principes sociaux, ¶ 161B

 

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SEXUALITÉ HUMAINE

2043. Ministère de l’Équipe de réponse à l’inconduite sexuelle

 

Introduction :

L’inconduite de nature sexuelle commise par des laïcs ou membres du clergé constitue un problème continu au sein de l’Église. 3 % des femmes allant à l’église au cours d’un mois donné ont signalé avoir subi du harcèlement sexuel de la part d’un membre du clergé à un moment donné de leur vie d’adulte selon une étude menée à l’échelle nationale (The Prevalence of Clergy Sexual Misconduct with Adults: A Research Study Executive Summary [La prévalence de l’inconduite sexuelle du clergé envers des adultes – Résumé de l’étude], Diana Garland, 2009 ; .baylor.edu/clergysexualmisconduct/index.php?id=67406>, consulté le 16 juillet 2010). Des révélations régulières sur la mauvaise gestion des dirigeants religieux à travers toutes les confessions sont un dur rappel aux Méthodistes Unis qu’il faut confronter la crise des abus en notre propre sein (United Methodists Need to Face Abuse Crisis: A UMNS Commentary [Les Méthodistes Unis doivent confronter la crise des abus : Analyse de l’UMNS], M. Garlinda Burton, umc.org 2010 ; &ct+8437677&tr=y&auid=6486686>, consulté le 14 juin 2010). Il y a en moyenne 140 à 500 cas d’inconduite sexuelle au sein de l’Église Méthodiste Unie imputés à des membres du clergé rien qu’aux États-Unis (Healing the Breach: Response Team Intervention in United Methodist Congregations [Guérir la brèche : Réponse de l’équipe d’intervention de l’Église Méthodiste Unie], Sally Badgley Dolch, Doctor of Ministry, Wesley Theological Seminary, 2010, pp. 131-32). L’enquête la plus récente sur le harcèlement sexuel dans l’Église Méthodiste Unie a révélé une augmentation significative du harcèlement sexuel perpétré par des personnes laïques (Sexual Harassment in the United Methodist Church,  [Le harcèlement sexuel au sein de l’Église Méthodiste Unie] Gail Murphy-Geiss Chicago : Commission générale sur le statut et le rôle des femmes, 2005). La responsabilité du traitement de ces plaintes incombe à nos responsables judiciaires.

Les évêques et les surintendants de district sont chargés de veiller à ce que l’Église réponde aux allégations d’inconduite sexuelle imputée à des laïcs ou membres du clergé dans le cadre d’une relation ministérielle, et de s’occuper de la justice procédurale ou de la sollicitude pastorale. Dans la réponse de l’Église à l’inconduite il ne peut y avoir de véritable justice procédurale en l’absence de sollicitude pastorale, de même qu’il ne peut y avoir de véritable sollicitude pastorale sans justice procédurale. La double nécessité de justice procédurale et de sollicitude pastorale est bien mieux satisfaite par un effort d’équipe que par un seul individu.  Un compte rendu complet du rétablissement de la justice exige l’implication de plusieurs personnes dans des rôles distincts au cours d’un processus de divulgation, de jugement et de guérison. Une équipe qualifiée de Réponse/Intervention/Soins est un groupe de personnes expertes dans les domaines spécifiques des traumatismes, prêtes à être déployées par l’évêque ou la personne désignée par l’évêque en vue de faciliter le processus de guérison demandé par le Livre de Discipline.

     Définition : Les Équipes de réponse sont appelées dans une situation de traumatisme en vue de promouvoir la possibilité de guérison pour la congrégation et les individus impliqués. Le ministère des Équipes de réponse permet aux responsables judiciaires de faire une évaluation, une intervention, une formation et une allocation des ressources efficaces au bénéfice des congrégations touchées par des événements affectant leur santé, en mobilisant un groupe de personnes formées et expertes, ainsi que des ressources vers des domaines spécifiques de ministère. Ces membres peuvent être rémunérés ou pas. L’Équipe de réponse n’est pas appelée dans le cadre d’une quelconque procédure judiciaire ou disciplinaire de résolution juridique d’une situation. L’Équipe de réponse est appelée à agir par l’évêque ou par la personne désignée par celui-ci ; il s’agit souvent d’un surintendant de district qui rend compte à l’évêque.

     Mandat disciplinaire d’assurer la guérison : L’évêque et son cabinet ont pour mandat « d’assurer le processus de guérison au sein de la congrégation » ou dans un autre contexte de ministère dans le cadre de la réponse de l’autorité de supervision (¶ 363.1f, Livre de Discipline 2012) ainsi qu’une procédure judiciaire (¶ 2701.4.c). La Discipline autorise aussi l’utilisation d’une Équipe de réponse pour apporter des soins pastoraux lors du traitement ou du suivi d’une plainte : l’évêque peut sélectionner « des personnes possédant des qualifications et de l’expérience en matière d’évaluation, d’intervention ou de guérison » pour aider au cours de la réponse de l’autorité de supervision (¶ 363.1b, Livre de Discipline 2012). Ces personnes peuvent avoir des rôles distincts tels que le soutien à l’accusé et un soutien individuel à la congrégation et aux familles touchées. Ces rôles s’ajoutent à toute nomination provisoire conformément au Livre de Discipline 2012, ¶ 338.3. Dans tous les cas, l’évêque lance et guide la réponse de l’Église dans les cas d’abus sexuels dans le ministère pastoral.

L’utilisation efficace d’une Équipe de réponse peut réduire la responsabilité juridique et promouvoir la justice. Lorsque les victimes sentent que l’Église s’occupe de leurs besoins et qu’elle recherche un processus rigoureux pour rétablir la justice, elles sont plus susceptibles de continuer d’impliquer l’Église dans le règlement des problèmes et leur résolution plutôt que de s’engager de façon réactive dans une procédure civile (par ex. : intenter un procès à la conférence). Répartir le travail des soins pastoraux et de rétablissement de la justice entre plusieurs personnes, ayant chacune un rôle distinct, réduit aussi les conflits d’intérêts réels ou perçus. Une Équipe de réponse formée, constituée en temps utile, peut aider l’évêque dans sa tâche holistique de rétablissement de la justice.

L’Église Méthodiste Unie salue l’utilisation d’Équipes de réponse dans les cas d’inconduite sexuelle imputés à des dirigeants de ministères et exhorte les responsables judiciaires à former et employer ces équipes. Seules 18 conférences annuelles aux États-Unis maintiennent une Équipe de réponse active et formée (« active » est défini comme ayant répondu à plus d’une congrégation au cours d’une période de trois ans. Six conférences supplémentaires ont utilisé une Équipe de réponse une fois entre 2007 et 2009. Healing the Breach [Guérir la brèche, Sally B. Dolch). Entre 2007 et 2009, ces équipes ont répondu à 156 incidents, soit en moyenne près de trois cas par conférence et par an. En extrapolant ces données à toutes les juridictions, nous estimons que 112 cas supplémentaires d’inconduite sexuelle dans le ministère sont traités par les conférences annuelles chaque année aux États-Unis sans l’assistance d’une Équipe de réponse. Nous exhortons les évêques, les surintendants de district, les recteurs et autres dirigeants de conférence au sein de l’ÉMU, à rechercher une formation à l’utilisation d’une Équipe de réponse, à organiser et assurer la formation du personnel de l’Équipe de réponse, à faire appel à ces équipes comme partenaires du ministère de guérison nécessaire quand un responsable viole la confiance sacrée du ministère en commettant un acte d’inconduite sexuelle.

Pour en savoir plus sur la façon dont les responsables judiciaires et les Équipes de réponse peuvent collaborer à promouvoir la guérison des congrégations, cf. When a Congregation Is Betrayed: Responding to Clergy Misconduct (Quand une congrégation est trahie : Répondre à l’inconduite du clergé) Beth Ann Gaede et Candace Reed Benyei (Herndon, VA: Alban Institute, 2006, pp. 102-16) ; et le Guide to Using a Response Team (Guide pour utiliser une Équipe de réponse) http://umsexualethics.org/ConferenceLeaders/Response Teams.aspx.

ADOPTÉ EN 2012

RÉSOLUTION N° 2043, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2012 

Cf. Principes sociaux, ¶ 161J.

2044. Inconduite sexuelle dans le cadre des relations ministérielles (Cf. page 775)

2045. Éradication du harcèlement sexuel au sein de l’Église Méthodiste Unie et de la société

Depuis le milieu des années 1970, lorsque le terme de harcèlement sexuel a été reconnu pour la première fois, le monde a connu une évolution au niveau de la sensibilisation, des lois et des contentieux, des politiques, du plaidoyer et de la collaboration internationale pour éradiquer le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Dans nos propres communautés, nous sommes passés de la phase de débat sur la question de savoir si oui ou non le harcèlement sexuel est un problème, à celle où l’on voit des femmes et des hommes s’unir dans l’ensemble du pays pour traiter le problème à l’échelle mondiale, dans les églises et les ministères, et sur les lieux de travail plurinationaux. 

Depuis 1990, le harcèlement sexuel est une forme reconnue de violence et d’inconduite sexuelle dans nos sociétés et dans l’Église Méthodiste Unie. L’Église a déclaré que le harcèlement sexuel est un péché à l’encontre des individus et des communautés, ainsi qu’une infraction pour laquelle notre clergé et nos laïcs sont passibles d’être poursuivis. Pour comprendre l’impact du harcèlement, il est essentiel de reconnaître qu’il s’agit d’un abus de pouvoir sur autrui, et non pas uniquement d’une conduite sexuelle inappropriée ou sexospécifique.

Définitions

Il convient de commencer par le continuum des comportements qui constituent le harcèlement sexuel : l’inconduite sexuelle dans le cadre des relations ministérielles est une trahison de la confiance sacrée. Il s’agit d’un continuum de comportements importuns sexuels ou sexospécifiques de laïcs ou membres du clergé dans une relation de ministère pastoral (personnes salariées ou non). Peuvent être inclus : la maltraitance d’enfants, l’abus sexuel d’adultes, le harcèlement, le viol ou les agressions sexuelles, les commentaires ou images à caractère sexuel, les attouchements ou avances non souhaités, l’utilisation de documents à caractère sexuel notamment la pornographie ; la traque d’une personne, les abus sexuels sur mineurs ou personnes sans capacité de consentement, l’utilisation à mauvais escient d’une position pastorale ou ministérielle pour adopter une conduite sexualisée en vue profiter de la vulnérabilité d’autrui. Sont inclus : les comportements criminels dans certains pays, États ou communautés.

Le harcèlement sexuel est une forme d’inconduite sexuelle. Les Principes sociaux le définissent comme étant « tout type de commentaire, d’avance ou de demande à caractère sexuel fait de façon importune, par expression verbale ou physique, étant raisonnablement perçu par le destinataire comme étant dévalorisant, intimidant ou coercitif. Le harcèlement sexuel doit être compris comme relevant d’une relation de pouvoir plutôt qu’une question d’ordre exclusivement sexuel. Le harcèlement sexuel comprend, sans s’y limiter, la création d’un environnement de travail hostile ou abusif découlant d’une discrimination fondée sur le sexe d’une personne » (¶ 161J).

Pour plus de clarté, il s’agit d’un comportement sexuel ou sexospécifique importun dans le cadre d’une relation pastorale, salariale, ministérielle, de mentorat ou entre collègues, de nature si grave et systématique qu’il altère les conditions de travail de la personne salariée ou bénévole, ou perturbe démesurément son rendement. Ce comportement crée un environnement hostile et offensant, notamment par des blagues importunes à caractère sexuel, des avances répétées, ainsi que des attouchements, démonstrations, ou commentaires qui insultent, avilissent, ou exploitent sexuellement des femmes, des hommes, des anciens, des enfants ou des jeunes.

D’une manière générale, n’importe qui peut être la cible ou l’auteur de harcèlement — femmes, hommes, mineurs, stagiaires, bénévoles, appartenant à toute race/tout groupe ethnique, tout niveau hiérarchique, membre du clergé ou laïc. Dans un établissement d’enseignement, cela touche les étudiants/élèves de tout sexe et tout âge, les enseignants ou professionnels, et les bénévoles.

Les entreprises, les gouvernements, les congrégations et les organisations perdent des ressources humaines et financières considérables lorsque l’on permet au harcèlement de dévaster les employés, les clients ou les membres. Il porte atteinte à l’estime de soi, à la productivité, à la capacité d’accomplir le ministère et de gagner sa vie. Il peut être la cause de maladies, d’absentéisme, de mauvais rendement au travail, et de perte de possibilités de promotion et d’opportunités. Pour les étudiants/élèves, il peut être la cause d’échec, d’absentéisme, d’isolement, de perte de l’estime de soi, de retrait des activités en équipe ou en groupe, et de maladie. Les familles des personnes harcelées, ainsi que leurs collègues travail, les autres paroissiens et leurs camarades de cours sont aussi victimes de l’environnement hostile et intimidant que crée le harcèlement.

Harcèlement au sein de l’Église

Au sein de l’Église, le harcèlement peut se produire entre un membre du personnel, un pasteur, un responsable de comité ou de conseil, un instituteur de l’église ou un auxiliaire, un élève/étudiant, un participant à une colonie de vacances ou un accompagnateur, salariés ou bénévoles.  Il peut se produire lors du trajet en bus vers le camp de vacances, dans un groupe pour la jeunesse ou d’étude biblique, sur un ordinateur appartenant à l’église ou lors d’une répétition de la chorale. Les effets dévastateurs sur les personnes lorsque cela se produit dans une communauté de croyants mettent en péril la vie spirituelle, le sens théologique et les relations. Pour certaines personnes, le sentiment de sécurité que l’on éprouve dans un sanctuaire peut être définitivement perdu.

En 1990, le Conseil général sur les ministères a publié une enquête demandée par la Conférence Générale de 1988 qui examinait le harcèlement sexuel au sein de l’ÉMU. À l’époque, la moitié des membres du clergé, 20 % des laïcs, près de la moitié des étudiants/élèves et 37 % du personnel de l’Église avaient eu une expérience de harcèlement dans un contexte d’église. Il y a près de 20 ans, nous avions beaucoup à faire pour éradiquer cette forme d’inconduite sexuelle et de violence.

Quatre quadriennats plus tard, beaucoup a été fait en faveur de l’élimination du harcèlement sexuel au sein de l’Église. Désormais, 35 conférences annuelles mettent en place une « équipe » pour surveiller les questions de harcèlement, et de nombreuses conférences exigent que tous les membres du clergé suivent une formation de sensibilisation à l’inconduite sexuelle. Depuis que la Conférence Générale a demandé la mise en place de politiques relatives au harcèlement sexuel en 1996, de plus en plus d’églises de toute taille continuent de signaler les politiques mises en place (en 2007 : 34 % des congrégations de petite taille et 86 % des plus grandes congrégations ont des politiques — comparé à 9 % et 36 %, respectivement, en 1995). La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes a fourni un soutien et des conseils aux victimes et aux responsables de l’Église dans des centaines de cas.

Mais les enquêtes les plus récentes sur nos progrès dans l’éradication du harcèlement sexuel (2005 et 20071) sont inquiétantes : le harcèlement sexuel demeure un problème significatif pour les femmes, les hommes, les membres du clergé ou laïcs, dans nos églises, nos programmes, et par le biais des biens de l’Église (notamment les ordinateurs et Internet) :

  1. La sensibilisation à la politique de notre dénomination sur le harcèlement sexuel est relativement élevée (plus parmi les membres du clergé que parmi les laïcs), mais la sensibilisation aux ressources pour les victimes et les congrégations est beaucoup plus faible.
  2. Bien que toutes les congrégations locales soient obligées d’avoir une politique et une procédure sur l’inconduite sexuelle, y compris sur le harcèlement sexuel, en 2007 seules 34 % des petites églises et 86 % des plus grandes églises signalaient avoir répondu à cette demande.
  3. 90 % des pasteurs ont suivi au moins une formation sur l’éthique sexuelle, mais seul 1 pasteur sur 4 a suivi une formation supplémentaire.
  4. Plus de 3/4 des femmes membres du clergé et la moitié des femmes laïques ont subi du harcèlement sexuel au sein de l’Église (seulement 1/3 pour les hommes laïcs) ; les contextes les plus fréquemment signalés sont les réunions et bureaux de l’Église, le lieu de travail, les rencontres sociales et le séminaire.
  5. Les auteurs sont le plus souvent des hommes, et il s’agit de plus en plus de personnes laïques au sein de l’église locale. Le clergé commet 1/3 des infractions signalées. L’un des changements significatifs par rapport à l’enquête de 1990 est l’augmentation considérable de laïcs harcelant d’autres laïcs, et de laïcs harcelant des membres du clergé.
  6. Les églises locales sont plus susceptibles de banaliser les signalements/plaintes, tandis que les séminaires et les bureaux de l’ÉMU sont plus susceptibles de prendre des mesures contre l’agresseur.
  7. Les amis et les proches offrent le plus d’aide aux victimes, tandis que les surintendants de district, les responsables du personnel et les administrateurs de séminaire sont parmi ceux qui offrent le moins d’aide.
  8. L’effet négatif le plus durable est l’incapacité de travailler avec l’agresseur, l’impact émotionnel et des sentiments dégradés envers l’Église.
  9. Les églises ayant peu de membres ont besoin de ressources et de formations spécifiquement élaborées pour le contexte et les dynamiques qui leur sont propres.

1. « Le harcèlement sexuel au sein de l’Église Méthodiste Unie – 2005 », et « L’enquête quadriennale auprès des églises locales – 2007 », par la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes, Chicago, Illinois, Gail Murphy-Geiss, Responsable de l’enquête.

Au sein de l’Église Méthodiste Unie une vigilance constante est nécessaire pour maintenir des politiques et procédures efficaces et mises à jour, partout dans l’Église. La formation régulière des dirigeants laïcs et des membres du clergé est un ministère essentiel et continu de notre Église mettant l’accent sur l’usage inquiétant du cybersexe (télécommunications aux contenus sexualisés) dans les programmes de l’Église, par le biais des biens de l’Église ou dans les locaux de l’Église. 

En 2006, un important colloque portant sur l’inconduite sexuelle au sein de l’Église Méthodiste Unie, intitulé « Do No Harm, » s’est tenu. Au cours de cet important colloque, les participants ont demandé aux dirigeants épiscopaux de se pencher sur la formation des membres du clergé et des responsables laïcs, ainsi que sur l’intervention précoce si un membre du clergé pose problème. Des équipes de plaidoyer et d’intervention travaillent avec de nombreuses conférences mais pas avec toutes ; chaque région épiscopale doit se doter de canaux et de procédures efficaces. Nous avons besoin et sommes reconnaissants d’avoir, dans l’ensemble de l’Église, une direction épiscopale forte qui préserve nos réalisations et traite vigoureusement les obstacles à une dénomination affranchie du harcèlement.

Vision de la communauté hospitalière de Dieu

Le harcèlement sexuel détruit la communauté. Ce comportement aliénant et coupable cause des fêlures dans les relations — le contraire du dessein de Dieu pour nous. Des premiers récits bibliques sur la communauté humaine dans le Jardin aux Épîtres de Paul aux communautés chrétiennes, nous apprenons que nous sommes tous, hommes et femmes, créés à l’image de Dieu, et que par conséquent nous sommes égaux en Christ. Nous sommes appelés à être les intendants de la communauté d’hospitalité de Dieu, où il y a non seulement absence de harcèlement mais aussi présence d’accueil, de respect et d’égalité.

En conséquence, la Conférence Générale demande l’intensification des efforts dans le monde entier pour éradiquer le harcèlement sexuel dans notre dénomination et ses institutions y compris les stratégies suivantes :

  1. Les dirigeants épiscopaux mettront en œuvre des plans pour traiter et éradiquer le harcèlement sexuel dans chaque région épiscopale, notamment par des formations régulières et mises à jour pour les membres du clergé, une intervention précoce quand un membre du clergé pose problème, et des formations régulières pour les hommes et femmes laïcs surtout dans les églises ayant peu de membres. 
  2. La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes, en collaboration avec les agences appropriées (y compris le ministère des sanctuaires sûrs du Conseil général du Discipolat), continuera à élaborer et distribuer des ressources pour réduire le risque d’abus dans les églises locales et améliorer chez les Méthodistes Unis la compréhension et les mesures à prendre en cas de harcèlement sexuel dans l’Église et la société ; 
  3. Le Conseil général de l’Enseignement supérieur et du Ministère, en collaboration avec les agences appropriées, élaborera et distribuera des ressources sur le harcèlement sexuel, spécifiquement destinées aux ministères ordonnés, aux dirigeants laïcs, aux étudiants, au corps professoral, et aux administrateurs des établissements d’enseignement liés à l’Église Méthodiste Unie.
  4. Les conférences annuelles de l’ensemble de la connexion encourageront leurs pouvoirs publics, à l’échelle locale et nationale, à recueillir des données exactes sur l’incidence et la nature du harcèlement sexuel sur le lieu de travail, et encourageront leur gouvernement national à adopter des lois, des politiques et des procédures visant à éradiquer le harcèlement sexuel ;
  5. La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes continuera de surveiller et d’évaluer les progrès de l’Église en matière d’éradication du harcèlement sexuel, et s’efforcera de fournir à l’Église un rapport présentant des conclusions sur les domaines spécifiques à renforcer dans la vie de l’Église, y compris l’élaboration de politiques, la prévention, l’éducation et la formation.
  6. Le Conseil général Église et Société et le Conseil général des Ministères Globaux plaideront en faveur de lois interdisant le harcèlement sexuel sur le lieu de travail aux États-Unis, et ils continueront de fournir des ressources à la dénomination au bénéfice d’initiatives internationales visant à éradiquer le harcèlement sexuel et les autres formes de violence à l’encontre des femmes ;
  7. Le Bureau de l’unité des Chrétiens et des relations interreligieuses collaborera avec l’initiative du Conseil œcuménique des Églises, intitulée Décennie Vaincre la Violence (2001-2010) ; et
  8. La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes continuera de mener des évaluations des progrès réalisés par l’Église Méthodiste Unie pour éradiquer ce comportement dans l’Église au niveau mondial.

Pour plus d’informations et de ressources, cf. Le Livre des Résolutions, 2012, « Inconduite sexuelle dans le cadre des relations ministérielles » (N° 2044) et le texte original de cette résolution dans Le Livre des Résolutions 2004, p. 155.

ADOPTÉ EN 1992

RÉVISÉ ET ADOPTÉ EN 2000, 2008, 2016

RÉSOLUTION N° 2045, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2008, 2012 

RÉSOLUTION N° 37, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2004 

RÉSOLUTION N° 31, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2000 

Cf. Principes sociaux, ¶ 161J.

2046. L’éthique sexuelle fait partie intégrante de la formation au leadership ministériel

Contexte :

Une enquête menée en 2005 par la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes (ci-après, GCSRW), « Le harcèlement sexuel au sein de l’Église Méthodiste Unie », a révélé un nombre élevé de cas de harcèlement sexuel dans les paroisses et les églises locales, et dans les séminaires (Sexual Harassment in The United Methodist Church, Gail Murphy-Geiss, Chicago : Commission générale sur le statut et le rôle des femmes, 2005). Une étude de 2009 intitulée Sex and the Seminary: Preparing Ministers for Sexual Health and Justice (Sexe et séminaire : Préparer les ministres en vue d’une approche saine et juste de la sexualité) a révélé que peu de séminaires offraient des cours complets sur la sexualité aux professionnels religieux, et que la plupart des séminaristes obtiennent leur diplôme sans avoir pris de cours sur la sexualité. En outre, les professeurs en cours de titularisation sont les moins susceptibles d’enseigner des cours liés à la sexualité. L’une des recommandations principales du rapport est que les séminaires rendent obligatoire de suivre un cours sur la sexualité humaine et le respect de limites personnelles saines dans le cadre professionnel (Sex and the Seminary: Preparing Ministers for Sexual Health and Justice, Kate M. Ott, New York: Religious Institute, 2009). 

Depuis 1996, l’Église Méthodiste Unie appelle « les facultés théologiques liées à l’Église Méthodiste Unie à dispenser une formation sur la prévention et l’éradication du harcèlement sexuel, des abus sexuels et de l’inconduite sexuelle dans le cadre des relations ministérielles » (Livre des Résolutions 2008, p. 139 ; voir aussi Livre des Résolutions 1996, p. 131). L’Église Méthodiste Unie a aussi exhorté les séminaires à traiter les questions de la pornographie et de l’addiction à la pornographie (Livre des Résolutions 2008, pp. 155-56). Certaines facultés ont mené une action positive en enseignant l’éthique professionnelle et l’éthique sexuelle dans le cadre du ministère, et certains membres du corps professoral déploient des efforts considérables pour s’occuper des aspects éthiques de la profession ministérielle. Ces efforts relèvent toutefois du dévouement personnel des membres du corps professoral et des administrateurs, mais ils ne sont pas intégrés aux structures institutionnelles de l’enseignement en séminaire. (Cette dynamique s’observe au-delà de l’éducation théologique méthodiste. Dans une étude déterminante de 400 pages, sur la formation du clergé effectuée par la fondation Carnegie Foundation for the Advancement of Teaching, les questions liées à l’éthique et aux limites personnelles ne sont mentionnées que trois fois, brièvement. Educating Clergy: Teaching Practices and Pastoral Imagination (Formation du clergé : Pratiques pédagogiques et imagination pastorale), Charles Foster, Lisa E. Dahill, Lawrence A. Golemon et Barbara Wang Tolentino, San Francisco: 

Jossey-Bass, 2006, pp. 173, 315 et 338). L’Église Méthodiste Unie désire que l’éthique professionnelle ne repose pas uniquement sur l’engagement personnel d’un membre du corps professoral à titre individuel, mais qu’elle fasse au contraire partie intégrante et planifiée du tissu de la formation ministérielle. L’Église Méthodiste Unie appelle les séminaires et les établissements dispensant des Cours de conférence à renforcer les parties du cursus traitant déjà de l’éthique professionnelle, pour en faire bénéficier les Méthodistes qui se préparent à assumer un rôle de leadership ministériel.

Des groupes pluridisciplinaires, pluriethniques, diversifiés sur le plan racial, composés d’universitaires, de membres du clergé et de consultants ont convenu à l’unanimité de la nécessité d’améliorer les structures de la formation professionnelle du clergé. Un nombre important de personnes et de groupes ont été inclus et consultés pour l’élaboration d’une stratégie visant à améliorer la formation à l’éthique professionnelle des Méthodistes Unis qui se préparent à un rôle de leadership ministériel. En avril 2010, GCSRW a organisé un séminaire d’une journée destiné au corps professoral, aux administrateurs et consultants, avec la participation du Conseil général de l’Enseignement supérieur et du Ministère (GBHEM) pour examiner les questions liées à la préparation ministérielle et à l’inconduite sexuelle, afin d’émettre des recommandations pour y répondre. (Des renseignements sur ce séminaire, ainsi que des ressources et mises à jour sur ce projet ont été mises à disposition en ligne pendant toute la durée de développement et d’essai de ces principes directeurs :http://umsexualethics.org/Education /SeminaryCurriculumDevelopment.aspx). Deux participants au séminaire, provenant de séminaires Méthodistes différents se sont engagés à proposer un cours pilote sur l’éthique sexuelle dans le ministère au semestre d’automne 2010. GCSRW a reçu un rapport sur le succès remporté par ces cours facultatifs en janvier 2011. Entre-temps, GCSRW a organisé des séances d’écoute et des ateliers pédagogiques avec deux autres séminaires Méthodistes Unis pendant l’année universitaire 2010 – 2011. Par ailleurs, des réunions sont prévues avec chaque professeur des séminaires Méthodistes Unis d’ici à 2014. En janvier 2011, GCSRW a collaboré avec les organismes Faith Trust Institute et Religious Institute pour présenter une table ronde et un atelier pédagogique à l’organisation Society of Christian Ethics sur le thème « Enseigner la sexualité du point de vue de l’éthique professionnelle » (Teaching Sexuality from a Professional Ethics Perspective). (Cette session a pu être organisée en partie grâce à une subvention du centre Wabash Center for Teaching and Learning in Theology and Religion, qui est financé par la fondation Lilly Endowment Inc. ; le centre est situé au Wabash College de Crawfordsville, en Indiana). GCSRW a aussi présenté ses travaux dans ce domaine aux participants de « Do No Harm 2011 », un sommet national sur l’éthique sexuelle ayant réuni les dirigeants Méthodistes Unis (MU) de 56 conférences annuelles à Houston (Texas) en janvier 2011.

À l’issue de ces consultations avec le corps professoral, les administrateurs, le personnel des agences générales et les consultants, GCSRW propose le plan suivant :

  1. Fixer des objectifs pédagogiques relatifs à l’éthique professionnelle pour le ministère, à intégrer dans le cursus de la maîtrise en théologie (Masters of Divinity, ci-après MDiv) ;
  2. Promouvoir l’élaboration d’une série de modules de formation avec des ressources pour chaque cours MDiv fondamental, adapté à chaque discipline étudiée : théologie, éthique, évangélisme, études bibliques, enseignement sur le terrain, etc. (y compris chacun des domaines d’études fondamentaux requis pour un diplôme en théologie de deuxième cycle en vue de l’ordination MU, Livre de Discipline 2008, ¶ 324.4a) ;
  3. Encourager l’utilisation intentionnelle du cursus implicite (par ex. : règlement relatif au plagiat et codes d’honneur des étudiants) pour donner l’exemple d’une bonne éthique professionnelle, ainsi que des règlements, procédures et mécanismes de jugement des inconduites ;
  4. Élaborer des stratégies visant à renforcer la collaboration entre les séminaires MU, ainsi qu’entre les séminaires, GCSRW et les autres agences générales et les conseils du ministère ordonné.

Chaque étape représente une collaboration continue avec le corps professoral, les administrateurs et le personnel des agences générales. Pour être optimale, la formation professionnelle au leadership ministériel ne doit pas se cantonner à un sujet, une classe ou une discipline universitaire mais plutôt englober la totalité du cursus fondamental, sa philosophie et une expérience parallèle à l’enseignement ministériel. L’objectif primordial est que chaque personne qui se prépare à un rôle de leadership ministériel au sein de l’ÉMU maîtrise et pratique l’éthique professionnelle, l’éthique sexuelle, les limites personnelles saines, et le souci de soi (self-care).

En conséquence, il est résolu que l’Église Méthodiste Unie demande l’élaboration d’un programme rigoureux de préparation ministérielle à l’éthique professionnelle, à l’éthique sexuelle, au respect de limites personnelles saines et au souci de soi, afin que ces notions deviennent des normes dans l’enseignement dispensé dans les séminaires Méthodistes Unis et en Cours de conférence. Les objectifs pédagogiques, compétences fondamentales et contenus ci-après devront s’appliquer aux étudiants des programmes MDiv dans tous les séminaires MU, tous les séminaires approuvés par le sénat universitaire, et aux Cours de conférence pour les pasteurs locaux autorisés à exercer.

Objectifs — Les futurs dirigeants ministériels sont tenus de :

  1. Comprendre que des limites personnelles saines sont indispensables à l’établissement de rapports de confiance pour assurer son ministère ;
  2. Reconnaître que l’éthique sexuelle dans le ministère est une question d’utilisation du pouvoir à bon escient et de nécessité d’éviter les abus, plutôt qu’une question exclusivement liée à la « moralité sexuelle » ;
  3. Comprendre l’importance de l’éthique professionnelle, y compris les politiques et les attentes de sa propre dénomination ; 
  4. Apprendre le rôle des procédures de jugement dans la prévention et la réponse à l’inconduite sexuelle du clergé ;
  5. Être bien informé sur la sexualité humaine, sur sa propre sexualité, et savoir comment gérer des sentiments d’ordre sexuel envers un paroissien et inversement ;
  6. Apprécier le fait que l’intégrité sexuelle contribue à la plénitude spirituelle, et qu’elle est vitale pour la formation ministérielle et pour la santé de l’individu ;
  7. 7. Maîtriser les ressources bibliques et théologiques pour tous les points susmentionnés.

Compétences — Les candidats au ministère sont tenus :

  1. de faire des choix de vie sains et bien gérer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ;
  2. d’être conscients de leur propre sexualité ;
  3. de pouvoir aborder les questions de sexualité avec aisance ;
  4. d’acquérir les compétences nécessaires pour assurer des soins pastoraux et la direction d’un culte sur les questions de sexualité ;
  5. de s’engager à assurer la justice sexuelle au sein de la congrégation et dans la société en général.

Contenus — Les étudiants étudieront les matières suivantes :

  1. Théologie du pouvoir, privilèges, abus (y compris les sujets suivants : devoir fiduciaire du ministère ; paradigme d’éthique professionnelle ; conflits d’intérêts ; limites personnelles saines ; prédateurs vs vagabonds) ;
  2. Sexualité humaine (y compris les sujets suivants : relations sentimentales, intimité, équilibre vie professionnelle/vie privée ; grossesse, contraception et avortement ; pornographie et assujettissement de la personne ; honte et abus ; consentement et vulnérabilité ; aspects génétiques, culturels, et physiologiques du genre et de la sexualité) ;
  3. Inconduite sexuelle dans le ministère (y compris les sujets suivants : violation des limites personnelles ; procédures de jugement pour rendre la justice ; voile du secret ; utilisation inappropriée des réseaux sociaux et des technologies de communication) ;
  4. Soins pastoraux (y compris les sujets suivants : prise en charge des victimes de violences sexuelles et d’abus ; transfert ; relations duelles ; confidentialité et bon usage des informations ; recommandations) ;
  5. meilleures pratiques dans le ministère (y compris les sujets suivants : cybersécurité, sanctuaires sûrs [Safe Sanctuaries: Reducing the Risk of Child Abuse in the Church (Sanctuaires sûrs : Réduire le risque de maltraitance des enfants dans l’Église), Joy T. Melton, Nashville: Discipleship Resources, 1998] ; communication saine, souci de soi pour le clergé ; éducation sexuelle tout au long de la vie ; exercer un ministère auprès des délinquants sexuels).

Ce tronc commun d’attentes fournira une base de préparation pour les dirigeants ministériels au sein de l’ÉMU. La formation régulière, mise à jour, relative à l’éthique sexuelle est obligatoire pour tous les membres du clergé nommés ; elle peut s’appuyer sur ce tronc commun afin de ne pas devoir recommencer au point de départ chaque fois (Livre des Résolutions 2008, p. 139). Les comités de district sur les ministères ordonnés et les conseils du ministère ordonné des conférences annuelles peuvent exiger que les candidats à un poste de clergé aient une connaissance opérationnelle et une bonne compréhension de ces facettes de l’éthique professionnelle et de la sexualité au sein du ministère avant d’être affectés à une église. La formation continue des membres du clergé pendant leur résidence peut aussi s’appuyer sur ce tronc commun.

Il est en outre résolu que GCSRW continuera son travail pour améliorer la formation à l’éthique professionnelle des Méthodistes Unis qui se préparent à un rôle de leadership ministériel. En particulier, GCSRW continuera à suivre le plan en quatre étapes décrit ci-dessus.

Deuxième étape : GCSRW continuera à encourager et équiper tous les membres pour traiter les questions se rapportant spécifiquement à leur discipline. GCSRW collaborera avec des groupes issus du corps professoral pour élaborer une série de modules de formation et de ressources pour chaque cours MDiv fondamental, adapté à chaque discipline étudiée : théologie, éthique, évangélisme, études bibliques, enseignement sur le terrain, etc. (y compris chacun des domaines d’études fondamentaux requis pour un diplôme de deuxième cycle en théologie en vue de l’ordination MU, Livre de Discipline 2008, ¶ 324.4a).

Troisième étape : simultanément à la mise en place de la deuxième étape, GCSRW collaborera avec les séminaires pour gérer la formation parallèle et extérieure au cursus des séminaristes. Spécifiquement, GCSRW fixera des principes directeurs pour l’utilisation intentionnelle du cursus implicite (par ex. : règlement relatif au plagiat et codes d’honneur des étudiants) pour donner l’exemple d’une bonne éthique professionnelle, ainsi que des règlements, procédures et mécanismes de jugement des inconduites adaptés ;

Quatrième étape : Élaborer des stratégies visant à renforcer la collaboration entre les séminaires MU, ainsi qu’entre les séminaires, GCSRW et les autres agences générales et les conseils du ministère ordonné. GCSRW a déjà commencé ce travail en participant à une table ronde intitulée Improving the Gatekeeping Function by Seminaries and Denominations (Améliorer la fonction de gardien assurée par les séminaires et les dénominations) organisée par l’organisme FaithTrust Institute en mars 2011.

Mesurer la façon dont nous assumons nos responsabilités : Les séminaires ont une grande flexibilité pour contextualiser leurs formations en vue d’atteindre les objectifs fixés. Chaque séminaire est libre de façonner son cursus et ses cours de la façon la plus adaptée à sa structure propre. Ces principes directeurs ne spécifient pas qu’un cours supplémentaire d’un semestre (ex. : 3 heures de cours hebdomadaires pendant 1 semestre) est exigé pour recevoir l’ordination (bien que ce soit l’une des possibilités pour atteindre les objectifs listés ci-dessus), mais plutôt que ces objectifs doivent être atteints au cours de l’ensemble des études menant au diplôme en théologie (MDiv) ou à l’issue de cinq années de Cours de conférence. Il est prévu que les administrateurs de séminaires coordonnent la façon dont ces sujets seront abordés dans les différents cours, et comment chaque compétence sera acquise et chaque objectif atteint au cours de la formation, indépendamment de la formule choisie.

Il est en outre résolu que l’Église Méthodiste Unie demande :

  1. aux comités de district et aux conseils du ministère ordonné des conférences de considérer que les diplômés des séminaires et Cours de conférence – dès la promotion débutant ses cours en 2013 – doivent avoir atteint les objectifs, acquis les compétences, et étudié les contenus indiqués ; 
  2. à chaque séminaire de soumettre à GCSRW, au plus tard en janvier 2014, son plan pour atteindre les objectifs susmentionnés ; 
  3. aux directeurs de Cours de conférence d’également soumettre leur plan à GCSRW, au plus tard en septembre 2014 ; 
  4. à GCSRW d’assister le doyen responsable des études ou tout autre administrateur de chaque séminaire à interpréter ces objectifs, préparer un plan vérifiant la conformité des actions prévues, et mesurer la réussite du programme ; et
  5. à GCSRW de fournir un rapport contenant les résultats de cet effort à la Conférence Générale de 2016. 

 

ADOPTÉ EN 2012

RÉSOLUTION N° 2046, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2012 

Cf. Principes sociaux, ¶ 161J.

PORNOGRAPHIE

2081. Pornographie et violence sexuelle

Dans toute la Bible, des thèmes soulignent la nature imparfaite de l’humanité et l’espoir de rachat par le biais de notre relation en tant qu’enfants de Dieu dans les bras aimants de Dieu. Les lois de l’Ancien Testament sur la pureté invitent à comprendre que le corps est créé à l’image de Dieu et que nous devons rendre compte à Dieu en ayant des relations justes. Le Christ a partagé avec nous une vision du monde qui confirme notre vulnérabilité et affirme le statut sacré de la personne. Jésus-Christ offre une voie vers une relation aimante et protectrice avec Dieu et avec autrui, pour que nous traitions notre prochain et les familles avec amour en vue de relations physiques et affectives saines. John Wesley a décrit la voie vers une relation juste avec Dieu pour réaliser l’invitation dans le royaume de Dieu comme cheminement vers la perfection chrétienne. Tout au long de la vie, nous luttons puissamment pour avancer vers la vision de perfection chrétienne dans un monde imparfait.

Dans notre monde imparfait, nous nous affligeons des actes d’exploitation sexuelle et de pornographie. Nos Principes sociaux déclarent : « Nous déplorons toute forme de commercialisation, d’abus ou d’exploitation du sexe. Nous demandons le respect rigoureux au niveau mondial des lois sur l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi qu’une protection adéquate, une direction et des conseils pour les enfants abusés. Toute personne, quel que soit son âge, son sexe, son état civil ou son orientation sexuelle a droit au respect de ses droits humains et civils, et a le droit d’être protégée contre la violence. L’Église doit soutenir la famille par la diffusion d’une éducation appropriée sur la sexualité aux enfants, aux jeunes et aux adultes » (¶ 161F, Livre des Résolutions 2012). 

Le problème de la pornographie a radicalement changé au cours des deux dernières décennies ; les définitions ont changé, la complexité a augmenté et un niveau de réflexion accru est nécessaire. L’usage de thèmes violents et agressifs accompagnant des contenus sexuellement explicites continuent d’augmenter. La télévision, Internet et les technologies sans fil émergentes ont rendu les médias à caractère sexuel agressif largement disponibles, en particulier pour les enfants et les jeunes. La pornographie est fréquemment utilisée comme source d’information sur la sexualité. L’Église est appelée à guider la société à articuler une éthique qui affirme le don précieux de Dieu qu’est la sexualité humaine et qui protège les personnes vulnérables de la violence et de la coercition. 

L’interprétation courante de ce qu’est la pornographie n’est plus d’actualité. Certains estiment que la pornographie est un mal social car il s’agit de sexualité, tandis que d’autres défendraient la pornographie comme étant un droit universel à la liberté d’expression car il s’agit de sexualité. Mais la vérité est que la pornographie ne concerne pas que la sexualité : elle relève souvent de la violence, de l’avilissement, de l’exploitation et de la coercition.

Bien qu’il n’y ait pas de consensus généralisé sur les définitions, les suivantes sont suggérées comme base de dialogue :

2081.

La pornographie s’entend de documents à caractère sexuel à des fins d’excitation sexuelle décrivant souvent des actes de violence, d’abus, de coercition, de domination, d’humiliation ou d’avilissement. De plus, tout document sexuellement explicite représentant des enfants relève de la pornographie.

L’impact de la pornographie sur le comportement est difficile à mesurer. Bien qu’on ne puisse pas affirmer que la consommation de pornographie pousse un individu à commettre un acte spécifique d’agression sexuelle, plusieurs études suggèrent que cette consommation est addictive et peut prédisposer un individu à commettre des infractions d’ordre sexuel, et qu’elle encourage les délinquants sexuels à continuer et aggraver leur comportement violent et abusif. Rares sont ceux qui contestent le fait qu’une société qui soutient des industries de plusieurs milliards de dollars promouvant la violence sexuelle comme divertissement, décrivant l’abus et la torture de femmes et d’enfants dans un contexte sexuel est une société en difficulté.

« La pornographie, par sa nature même, est une toxine qui applique l’égalité des chances. Elle dégrade le spectateur, l’auteur, le conjoint et les enfants du spectateur et de l’auteur. C’est une dénaturation du pouvoir qui encourage une interprétation malsaine de la sexualité et des relations. Elle devient plus toxique à mesure que sa consommation augmente et que la « dureté » s’accroît, surtout si le consommateur est jeune et vulnérable. Le préjudice subi affecte les convictions et les comportements. Au niveau des convictions, le préjudice subi peut inclure et se traduire par une idée erronée de ce qu’est la pornographie, par la conviction que la permission d’agir est donnée et influencer l’attitude à l’égard de ce qui constitue une relation sexuelle et affective saine. Au niveau du comportement, le préjudice subi inclut des comportements psychologiquement malsains, des comportement socialement inappropriés et des comportements illégaux. » 1 

1. Dr Mary Anne Layden, co-directrice du Programme sur les traumatismes sexuels et la psychopathologie,

Centre pour la thérapie cognitive, Université de Pennsylvanie, témoignage sur le travail scientifique sur l’addiction à la pornographie devant la Commission du commerce, des sciences et du transport du Sénat américain, site Web, (témoignage d’expert), http://com merce.senate.gov/hearings/witnesslist.cfm?id=1343 (18 mai 2005).

Dans son ensemble, la pornographie est indissociable de l’oppression des femmes. Son attrait perdurera tant que l’excitation sexuelles sera stimulée par des images de pouvoir et de domination exercés par une personne sur une autre, le plus souvent par un homme sur une femme. La pornographie est aussi liée au racisme ; les femmes de couleur sont invariablement décrites de la façon la plus violente et dégradante. Le pouvoir destructeur de la pornographie réside dans sa capacité à assurer que les attitudes envers la sexualité continuent d’être influencées par des images qui nient la dignité humaine, l’égalité et la réciprocité. La pornographie contribue à l’aliénation dans les relations humaines, et elle dénature l’intégrité sexuelle des femmes et des hommes.

L’expansion de la pornographie sur Internet ces dernières années a rendu son accès plus facile pour les fournisseurs et les consommateurs, surtout pour les adultes se livrant à l’abus des enfants. Les preuves s’accumulent démontrant que les pédophiles utilisent régulièrement Internet pour attirer les enfants dans leurs filets. Un nombre stupéfiant de salons de discussion promeuvent le viol, l’inceste, les rapports sexuels avec des enfants, la prostitution enfantine et autres comportements criminels et violents.

Les documents pornographiques sont transmis dans le cyberespace à l’échelle mondiale, permettant tant aux adultes qu’aux enfants d’y accéder. Les décharges de responsabilité quant au contenu explicite de ces sites n’ont pas empêché des mineurs de les visionner.  La plupart des sites offrent des « aperçus » gratuits d’images explicites, obscènes et violentes, et ils contiennent des liens vers d’autres sites. Selon la Commission américaines sur la pornographie, les adolescents de 12 à 17 ans comptent parmi les plus grands consommateurs de pornographie.

Les personnes présentées dans les contenus pornographiques sont généralement des femmes, surtout des femmes de couleur. Le corps des femmes est traité comme un objet et une marchandise ; le corps féminin est démembré en parties qui sont agrandies afin d’obtenir un effet pornographique pour la consommation cybersexuelle. La nature mondiale d’Internet et l’absence de réglementation permet la diffusion de contenus pouvant être légaux dans un pays et visionnés dans un autre pays où ils sont illégaux. Les frontières nationales sont facilement franchies, et il n’existe pas de code de conduite international pour surveiller les contenus pornographiques.

Il convient de veiller à ce que les enfants et les jeunes soient protégés des contenus pornographiques. La supervision et l’amour de parents chrétiens et d’autres adultes bienveillants, avec le soutien de la famille étendue qu’est l’église, constituent la source principale d’éducation sexuelle. Une approche complète de l’éducation sexuelle offre une base supplémentaire pour lutter contre la pornographie. Les enfants, les jeunes et les adultes doivent avoir la possibilité de parler de sexualité et d’apprendre à partir de documents d’éducation sexuelle de qualité, dans le cadre de l’église et de l’école. Il est nécessaire de proposer une alternative à la pornographie par le biais de documents d’éducation sexuelle soigneusement conçus et adaptés à chaque âge, qui soient factuels et clairs, où l’on présente des relations consensuelles entre des adultes mariés. Les documents doivent être évalués par les intentions exprimées et les objectifs poursuivis, et non pas par le caractère explicite des images sexuelles. Si nous ne fournissons pas ce contenu, accompagné d’une supervision parentale et adulte, nous risquons que les enfants et les jeunes aient recours à la pornographie comme source principale d’information sur la sexualité.

Notre position sur la pornographie est claire : Nous sommes opposés à toutes les formes de pornographie. Nous soutenons les lois qui protègent les femmes et les enfants, et permettent d’incarcérer les fournisseurs de cette « industrie » qui fomente et développe les activités pornographiques. 

L’addiction à la pornographie adulte affecte les relations conjugales, les relations familiales et peut conduire à un comportement criminel. L’individu sous l’emprise de cette addiction doit être traité par les meilleurs pratiques en vue d’une guérison et d’une rééducation totales afin d’optimiser ses chances de relations saines à l’avenir. Lorsque la rééducation et la guérison n’aboutissent pas, nous sommes prêts à soutenir le conjoint et la famille avec amour et sollicitude. 

L’addiction à la pédopornographie est un comportement déviant et criminel qui doit être traité par la rééducation et des mesures juridiques. Nous déplorons le recours au système de justice pénale comme seul moyen de traitement de l’addiction. Cependant, lorsque l’individu dépendant s’adonne à un comportement criminel qui porte préjudice ou nuit à autrui, en particulier des enfants, ou si la rééducation échoue, nous sommes favorables à l’emploi de mesures juridiques afin que la personne dépendante réponde de ses actes et soit surveillée par la justice, pour protéger la personne dépendante et les victimes contre des préjudices futurs. 

L’Église Méthodiste Unie a déjà fait savoir publiquement qu’elle considère que la violence et les abus sexuels sont des péchés ; elle s’engage à œuvrer pour leur éradication (« Violence conjugale et abus sexuels, » Livre des Résolutions 2000 ; « Violence contre les femmes et les enfants, » Livre des Résolutions 2008), et déclare que « les enfants doivent être protégés contre l’exploitation et les abus d’ordre économique, physique et émotionnel. »  (Principes sociaux, ¶ 162C).

Estimant que la pornographie représente la violence, la maltraitance et l’humiliation dans un contexte sexuel, et estimant que toute représentation sexuellement explicite d’enfants est pornographique, nous affirmons que l’Église Méthodiste Unie est opposée à la pornographie. En outre, nous affirmons notre engagement en faveur d’une éducation sexuelle de qualité. Pour traiter les causes profondes de la pornographie nous encourageons les Méthodistes Unis à participer :  

  1. à l’élaboration de politiques sociétales et gouvernementales efficaces pour éradiquer la pédopornographie, l’exploitation des adultes et l’esclavage ; 
  2. à l’éducation visant à encourager des relations et des comportements sains ;
  3. à accorder de la compassion et des encouragements pour favoriser la rééducation et la guérison des personnes souffrant d’addiction, de leur famille et des victimes ; 
  4. à promouvoir des lois centrées sur un modèle de justice réparatrice ; et à encourager les personnes incarcérées vers la réinsertion et la guérison. 

Nous appelons l’Église Méthodiste Unie, ses agences générales, ses conférences annuelles est ses églises locales :

  1. à éduquer les congrégations sur le problème de la pornographie, surtout la pornographie sur Internet, à adopter des politiques strictes pour assurer la supervision des ordinateurs appartenant à l’Église, et assurer l’éducation et la formation sur l’éthique sexuelle ; 
  2. à rechercher des stratégies pour réduire la prolifération de la pornographie ;
  3. à œuvrer pour briser le lien entre la sexualité et la violence en encourageant les relations humaines saines ;
  4. à surveiller et prévenir l’accès à la pornographie et à des documents  sexuellement explicites par les enfants et les jeunes ;
  5. à participer aux efforts visant à interdire la pédopornographie et protéger les enfants qui en sont victimes ;
  6. à promouvoir l’utilisation de documents  d’éducation sexuelle de qualité, conçus par l’Église Méthodiste Unie ou par des tiers, afin d’aider les enfants et les jeunes à comprendre et respecter une sexualité qui affirme la réciprocité ;
  7. à proposer des séances de formation aux parents sur la réduction du risque couru par les enfants lorsqu’ils utilisent Internet ; à encourager les parents à fixer des règles pour les adolescents et les enfants ; à encourager les parents à utiliser des filtres sur les ordinateurs ; 
  8. à appeler à la responsabilité sociale dans tous les médias, y compris sur Internet et dans toutes les bibliothèques publiques ; à travailler avec des organismes locaux, nationaux et internationaux plaidant pour une surveillance mondiale des médias relative aux images de femmes, d’hommes et d’enfants ; et
  9. à participer aux efforts œcuméniques et/ou de la collectivité pour étudier et traiter le problème de la pornographie.

 

ADOPTÉ EN 1988

RÉVISÉ ET ADOPTÉ EN 2000

RÉVISÉ ET ADOPTÉ EN 2008, 2012

RÉSOLUTION N° 2081, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2008, 2012 

RÉSOLUTION N° 42, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2004 

RÉSOLUTION N° 36, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2000 

Cf. Principes sociaux, ¶ 161Q.

2101.

BOR #3427:  Éradiquer la violence sexuelle et la violence sexiste

Toute la création est sacrée au regard de Dieu. Dans la mesure où il arrive souvent que les femmes et les enfants, entre autres personnes, soient ignorés, abusés, et violés nous exhortons les paroisses à renouveler leur engagement à interdire la violence contre les femmes et les enfants sous toutes ses formes.

La violence peut prendre des formes multiples ; dans de nombreux cas elle relève du désir d’exercer un pouvoir et de contrôler. La violence est un outil utilisé par les forts pour dominer les faibles, et par les puissants pour dominer les personnes vulnérables. Souvent, la simple menace d’un acte de violence peut suffire à atteindre l’objectif de domination et d’emprise. Les êtres humains sont particulièrement vulnérables dans les domaines liés au genre et à la sexualité, c’est pourquoi la violence sexiste est particulièrement ravageuse.

L’exploitation, les abus et la violence peuvent prendre des formes multiples : mariages d’enfants, mutilations génitales féminines, enfants soldats, déplacements de personnes, violence familiale, polygamie, traite de personnes, et viols comme arme de guerre.

Mariage d’enfants

 

En 1948, la Déclaration universelle des droits de l’Homme affirme que le mariage doit être une union consentie. Pourtant, dans la pratique, un tiers des filles dans le monde en développement sont mariées avant l’âge de 18 ans, et une fille sur 9 est mariée avant l’âge de 15 ans, le plus souvent dans une union forcée, à un homme qu’elles ne connaissent pas (Child Marriage Facts and Figures [Faits et chiffres sur le mariage d’enfants] International Center for Research on Women, figures). En 2010, 67 millions de femmes entre 20 et 24 ans ont été mariées avant leur 18e anniversaire (Child Marriage Facts and Figures [Faits et chiffres sur le mariage d’enfants] International Center for Research on Women, http:// www.icrw.org/child-marriage-facts-and-figures). Le mariage d’enfants est une expression de pouvoir et de contrôle pouvant conduire à plus de violence.

Mutilations génitales féminines

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les mutilations génitales féminines (MGF) désignent toutes les interventions qui aboutissent à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées à des fins non thérapeutiques. Les MGF sont mondialement reconnues comme une violation des droits fondamentaux des filles et des femmes (Fiche d’information de l’OMS sur les mutilations génitales féminineshttp://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241

/en/). Les MGF sont presque toujours pratiquées sur des mineures pour empêcher les filles et les femmes de ressentir du plaisir sexuel ; ces pratiques sont présentées comme normes sociales pour empêcher les filles d’avoir des rapports hors mariage. Les MGF « ne présentent aucun avantage pour la santé » ; ces mutilations peuvent entraîner des complications médicales telles que « douleurs intenses, choc, hémorragie, infections urinaires chroniques, stérilité, augmentation du risque de complications au cours de l’accouchement et décès néonatal précoce » (Fiche d’information de l’OMS sur les mutilations génitales féminines, http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241/en/).

Enfants soldats

 

L’UNICEF estime que « 300 000  enfants — garçons et filles de moins de 18 ans — sont impliqués dans plus de 30 conflits dans le monde. Les enfants soldats sont utilisés
comme combattants, plantons, porteurs et cuisiniers, ou forcés de fournir des services
sexuels. Certains sont enlevés ou enrôlés de force, d’autres sont amenés à s’enrôler par la pauvreté, la maltraitance et la discrimination, ou parce qu’ils cherchent à se venger d’actes de violence commis contre eux ou leur famille. » (Fiche d’information Enfants soldats de UNICEF, http://www.unicef.org/emerg/files/childsoldiers.pdf). La violence sexuelle est de plus en plus répandue dans les situations de conflit et elle est perpétrée contre les filles et les garçons.

Personnes déplacées

 

Les enfants, les femmes, les lesbiennes, gays, bisexuels et personnes transgenres (LGBT), ainsi que les personnes handicapées risquent tout particulièrement de subir des violences sexuelles et de genre (Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés). Pendant un conflit ou une catastrophe, les enfants sont facilement séparés de leur famille. Ne pouvant pas vraiment se protéger, ils sont exposés à l’exploitation sexuelle, aux abus, à la traite des personnes, au mariage forcé ou précoce, aux mutilations génitales féminines, ou autres pratiques coutumières néfastes. Ayant moins accès à l’emploi que les hommes, les femmes et les filles sont souvent obligées de se livrer à la prostitution pour survivre. Dans les pays en développement, elles courent le danger d’être violées, agressées, voire tuées lorsqu’elles partent à la recherche d’eau, de bois de chauffage et de nourriture pour leur famille. À ces atrocités s’ajoutent les risques de grossesse non désirée, d’infection au VIH et de transmission du virus de la mère à l’enfant.

Violence au sein de la famille

La violence et les abus existent partout dans le monde ; ce fléau touche les familles de pratiquement toutes les congrégations. Malheureusement, aucune paroisse et aucune communauté n’en sont épargnées. Les abus au sein de la famille — maltraitance des enfants, violence conjugale, maltraitance des personnes âgées — prennent des formes multiples : abus émotionnels, physiques, verbaux, sexuels, et économiques. Ces abus se manifestent par des actes de violence, des propos abusifs, un comportement visant à exercer une emprise sur l’autre, l’intimidation et l’exploitation.

Polygamie

Certaines sociétés pratiquent la polygamie, c’est-à-dire qu’un homme a plusieurs épouses.  La polygamie place en général la femme dans un rôle de sujet subordonné au pouvoir et à l’emprise du mari, et son statut juridique ne lui donne aucun droit sur les biens familiaux.

Travail forcé et commerce sexuel

 

L’esclavage des temps modernes est devenu l’entreprise criminelle transnationale enregistrant la plus forte croissance ; les profits illicites issus de l’asservissement de 21 millions de personnes à travers le monde sont estimés à 150 milliards de dollars (Traite des personnes, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, http://www.unodc.org/unodc/en/human-trafficking/what-is-human-trafficking.html). Les Nations unies soulignent la place de la violence dans la traite des personnes, définie par l’ONU comme désignant « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. »

« L’exploitation comprend (. . .) l’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude, … » (Traite des personnes, Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, http://www.unodc.org/unodc/en/human-trafficking/what-is-human-trafficking.html).

Le viol comme arme de guerre

Au fil des siècles, des femmes ont été violées et le viol a été utilisé comme acte de violence et de pouvoir — surtout dans les contextes de conflit ou de guerre. Certaines autorités militaires sanctionnent le viol pour la gratification de leurs soldats en période de guerre. Par exemple, au cours de la Seconde Guerre mondiale, les « femmes de réconfort » étaient forcées d’avoir des rapports sexuels avec des soldats. Ces violences infligées aux femmes s’inscrivent dans une stratégie visant à terroriser la partie adverse et la population civile du territoire de celle-ci. En République démocratique du Congo, par exemple, le viol des femmes par les belligérants est considéré comme « une guerre dans la guerre ». De nombreuses femmes sont violées par des groupes armés, notamment par les forces armées régulières du pays. Lorsque les femmes violées subissent des grossesses forcées, elles donnent alors naissance à des enfants qui leur rappelleront les violences infligées : c’est une façon de déstabiliser le groupe ethnique adverse.  La réponse des gouvernements tend malheureusement à se concentrer sur la violence subie par les femmes à titre individuel, plutôt que sur le viol utilisé comme arme stratégique. Les filles et les femmes violées renoncent à dénoncer leurs bourreaux en raison de la stigmatisation associée au fait d’être victime de viol.

Selon ONU Femmes, une femme sur trois subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Ces violences ont des conséquences immédiates et résiduelles :

Traumatisme psychologique

La violence sexuelle et basée sur le genre laisse des blessures émotionnelles et physiques pouvant entraîner des cicatrices à vie. Les filles auxquelles on impose un mariage précoce montrent souvent des symptômes d’abus sexuels et de troubles de stress post-traumatique ; elles sont très exposées à la violence conjugale, aux abus et à l’abandon (Facts and Figures [Faits et chiffres], International Center for Research on Women, http://www.icrw.org/child-mar riage-facts-and-figures). Une femme victime de viol comme acte de guerre a déclaré : « [A]près le viol, j’avais des douleurs constantes, j’ai perdu tout désir sexuel. En raison de ma fatigue chronique, je ne pouvais plus travailler. Mon mari nous a finalement abandonnés, moi et mes enfants. » (Mariage d’enfants, violences sexuelles et sexistes en République démocratique du Congo, Organisation mondiale de la santé,  http://www.who.int/hac/crises/cod/sgbv/sgbv_brochure.pdf).  Un rapport  de l’Organisation mondiale de la santé indique que : « De nombreuses femmes rescapées de violences sexistes souffrent de traumatismes psychologiques ; elles manifestent des symptômes tels que fatigue chronique, anxiété, dépression, etc. Certaines femmes ont même recours au suicide. Et le traumatisme vécu par les garçons et les hommes lorsqu’ils sont témoins ou auteurs de violences sexuelles est sous-estimé. » (Violences sexuelles et sexistes en République démocratique du Congo, Organisation mondiale de la santé, http://www.who.int/hac/crises/cod/sgbv/sgbv_brochure.pdf).

Lésions physiques

Les filles mineures sont exposées à un risque accru de mortalité maternelle pendant la grossesse et l’accouchement. Chez les filles de moins de 15 ans, le risque de décès pendant l’accouchement est cinq fois supérieur que chez les femmes de plus de 20 ans ; la grossesse est l’une des principales causes de décès chez les jeunes filles de 15 à 19 ans à travers le monde (Facts and Figures [Faits et chiffres], International Center for Research on Women, http://www.icrw.org/child-marriage-facts-and-fig ures). Un million de filles à travers le monde souffrent de fistule obstétricale (FO) ; il s’agit d’un passage anormal entre le vagin et le rectum, ou entre le vagin et la vessie survenant lors d’un accouchement prolongé, rendant la femme incapable de retenir son urine ou ses matières fécales. La fistule obstétricale survient souvent chez les filles n’ayant pas atteint leur maturité anatomique. En raison de leur incontinence et de la mauvaise odeur qu’elles dégagent, les jeunes filles et les femmes atteintes de FO sont souvent rejetées par leur mari et par la communauté (What is Fistula? [Qu’est-ce que la fistule obstétricale ?] Fistula Foundation, https://www.fistulafoundation.org/what-is-fistula/fast-facts-faq/). Dans la mesure où les épouses-enfants n’ont pas la capacité de négocier avec leur mari pour avoir des rapports protégés, elles sont exposées aux infections sexuellement transmissibles, notamment au VIH, et aux grossesses précoces. Tous les jours, près de 2 500 adolescent(e)s sont infecté(e)s par le VIH (Tirer parti de la crise, UNICEF, http://www.unicef.org/lac/Opportunity_in_Crisis-Report_EN_052711.pdf). D’autres pratiques, telles que les MGF, peuvent entraîner des douleurs et des infections (Fiche d’information de l’OMS sur les mutilations génitales féminineshttp://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241/e).

Détresse économique

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) signale que dans de nombreux endroits du monde les femmes n’ont pas accès à un travail rémunéré ni accès au crédit.  Les femmes, qui représentent 50 % de la population mondiale, ne possèdent que 1 % des richesses mondiales (Pauvreté et disparités en genre, PNUD , http:// www.undp.org/content/undp/en/home/ourwork/povertyre duction/focus_areas/focus_gender_and_poverty.html). Les personnes vivant dans la pauvreté, particulièrement les femmes et les enfants, sont touchées de façon disproportionnée par la violence. Des relations interpersonnelles abusives ainsi que des traitements, des normes et pratiques culturelles, des règles institutionnelles consacrées et des pratiques commerciales injustes à tous les niveaux de la société – y compris entre certains pays – continuent de pénaliser les femmes et les filles en dénigrant leur valeur sacrée et en perpétuant l’inégalité entre les sexes. La violence sexuelle et basée sur le genre est non seulement une violation flagrante des droits de l’homme, mais elle conduit aussi à briser la famille et la communauté, à freiner le développement, et elle représente un coût se chiffrant à plusieurs milliards de dollars par an en soins de santé et en perte de productivité (Estimating the Costs of Violence Against Women in Viet Nam, [Estimation du coût de la violence envers les femmes au Viet Nam] ONU Femmes, http:// www.unwomen.org/~/media/headquarters/attachments/sec tions/library/publications/2013/2/costing-study-viet-nam%20 pdf.pdf). Le mariage précoce des filles limite la possibilité d’acquérir des compétences, d’accéder aux ressources, aux connaissances et au soutien social dont elles ont besoin, et limite leur mobilité ainsi que leur autonomie. Les filles mariées précocement n’ont souvent pas leur mot à dire dans leur relation avec leur mari et leur belle-famille. Le mariage précoce est perçu comme étant un moyen d’assurer l’avenir d’une fille, mais les filles mariées subiront des violences physiques et sexuelles, et elles n’auront pas l’éducation ni les compétences nécessaires pour subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs enfants (Child Marriage Facts and Figures [Faits et chiffres sur les mariages d’enfants], International Center for Research on Women, http://www.icrw.org/child-marriage-facts-and-figures).

Stigmatisation de la victime

De nombreuses victimes de violences sexuelles sont stigmatisées par la société ou rejetées par leur famille. Des critères de morale religieuse erronée augmentent la stigmatisation et la culpabilisation par rapport au viol, à la violence conjugale, à l’identité de genre, au handicap, et aux infections sexuellement transmissibles telles que le VIH. L’une des conséquences importantes de la violence sexuelle et basée sur le genre est la rupture de la confiance sacrée au sein de la société, ainsi que dans la communauté chrétienne, chaque fois que des personnes vulnérables subissent des maltraitances. L’intensification de cette fêlure peut conduire à de nouvelles violences. Par exemple, l’impossibilité pour une femme d’avoir des enfants, l’odeur dégagée par une adolescente vivant avec une fistule obstétricale survenue lors d’un accouchement prolongé, ou la séropositivité au VIH peuvent être des motifs de divorce. Dans le mêmes temps, les croyances traditionnelles conduisant à la pratique du mariage des enfants et des MGF sont consacrées par les chefs coutumiers et les normes culturelles.

Désautonomisation

L’effet combiné des nombreuses conséquences de la violence sexuelle et basée sur le genre est une diminution de la capacité à créer des solutions et à répondre aux besoins locaux. Toutes les manifestations de la violence identifiées ci-dessus limitent les possibilités d’éducation et d’emploi pour les femmes. Les filles mariées précocement sont moins susceptibles d’aborder la question du planning familial — planification et espacement idéal des grossesses — avec leur mari, ce qui augmente le risque de mortalité maternelle et infantile. Au lieu de consacrer du temps à trouver des idées pour produire un revenu, améliorer la santé émotionnelle et physique de leur famille et de leur communauté, les femmes et les filles sont accablées par la violence sexuelle et basée sur le genre, les obligeant à consacrer leurs précieuses ressource à la simple survie.

La violence sexuelle et basée sur le genre n’est pas un phénomène nouveau

Mille ans avant Jésus-Christ, Tamar fut violée par son frère Amnon (2 Samuel 13). Un récit antérieur relate le viol collectif d’une concubine (Juges 19), et en remontant plus loin encore on trouve le récit du viol de Dina (Genèse 34). Ces récits racontent non seulement la violence faite aux femmes, mais aussi l’incapacité des autorités à aider les victimes. Dans le cas de Tamar, son père, le roi David, reste silencieux ; il ne fait rien pour Tamar, la victime, mais il protège Amnon, l’agresseur, protégeant ainsi sa propre dynastie.

L’histoire de notre foi, c’est l’histoire de nos efforts pour retrouver les enseignements de la Genèse, chap. 1, où il est dit que toute la création est sacrée aux yeux de Dieu, et que tout être humain est une créature dont la valeur est sacrée.  Jésus était un défenseur de la valeur sacrée de tous. Dans le récit de la femme prise en flagrant délit d’adultère (Jean 7:53 – 8:11), nous voyons Jésus s’opposer activement à la violence à l’encontre des femmes. Jésus voit au-delà de la stigmatisation et de la culpabilisation infligées par les accusateurs. Contrairement au roi David, Jésus n’emploie pas son pouvoir pour couvrir l’injustice mais pour reconnaître la dignité de cette femme ; il interrompt l’acte de violence qui allait être commis et il cherche à réintégrer la femme dans sa communauté. La réponse de Jésus exprime son engagement envers la vie en abondance (Jean 10:10), et son appel à créer les circonstances dans lesquelles une vie en abondance peut prospérer. La réponse pleine de grâce de Jésus tend à la rédemption de la victime et de l’agresseur, ainsi qu’à arrêter les cycles de violence.

Notre appel

Les Méthodistes Unis œuvrent pour l’éradication des multiples formes de violence qui détruisent l’intégrité des individus, des familles, des communautés et des nations. Les croyants doivent œuvrer pour changer les attitudes, les croyances, les politiques et les pratiques à tous les niveaux de la société lorsque celles-ci déshumanisent et encouragent l’exploitation et la maltraitance des femmes et des filles. Lorsque les femmes bénéficient de droits égaux à ceux des hommes, elles sont mieux instruites, en meilleure santé, ont un meilleur accès à la terre, à l’emploi et aux ressources financières. Dans la mesure où les femmes et les enfants, entre autres personnes, sont ignorés, abusés et violés, nous demandons un engagement renouvelé pour éradiquer la violence contre les femmes et les enfants sous toutes ses formes.

Nous appelons tous le Méthodistes unis, les paroisses locales, les ministères de campus, les établissements d’enseignement supérieur,  les universités, séminaires, conférences annuelles, agences générales et commissions, ainsi que le Conseil des Évêques à :

1. Enseigner, prêcher et donner l’exemple d’une masculinité saine et de relations interpersonnelles respectueuses qui reflètent la valeur sacrée des femmes et des filles (Principles  of  Healthy  Masculinity [Principes d’une masculinité saine],  http://www.maleallies.org/principles-of-healthy-masculinity) ;

2. Impliquer les hommes et les garçons en tant qu’alliés pour promouvoir l’égalité entre les sexes ;

3. Évaluer les ressources utilisées dans les ministères locaux visant à promouvoir la valeur sacrée des femmes et des filles, ainsi qu’une masculinité saine ;

4. Élaborer des outils théologiques, pédagogiques et de plaidoyer pour augmenter la sensibilisation du public à la violence sexuelle et basée sur le genre, et promouvoir une culture de non violence ;

5. Élaborer des formations adaptées, pertinentes et de qualité pour répondre aux réalités culturelles locales concernant la violence à l’encontre des femmes.

6. Faire du plaidoyer et mettre fin aux pratiques traditionnelles néfastes telles que le mariage des enfants, la polygamie, et les mutilations génitales féminines ;

7. Plaider en faveur de formations contextualisées au bénéfice des personnes qui sont en première ligne lors de catastrophes ou de conflits, afin de leur permettre de reconnaître l’exposition accrue des femmes et des filles au viol, à l’exploitation sexuelle et à d’autres formes de violence sexuelle et basée sur le genre ;

8. Plaider en faveur de l’accès total et légal à des services de santé reproductive sûrs. La violence à l’encontre des femmes a pour effet de compromettre leur santé reproductive, contribuant à des grossesses non désirées, des avortements dans des conditions dangereuses, à la survenue de fistules obstétricales, à des infections sexuellement transmissibles et au VIH, ainsi qu’à leur récurrence ;

NOTRE APPEL POUR METTRE FIN À LA VIOLENCE PAR ARMES À FEU 3428.

9. Veiller à ce que les services de santé sexuelle et reproductive destinés aux adolescentes traite de la violence basée sur le genre, y compris l’accès rapide à des soins de qualité en cas de viol, à une contraception d’urgence et à une prophylaxie postexposition au VIH pour prévenir l’infection, et autres recommandations (par ex. : conseils juridiques ou spécialisés, groupes de soutien) ;

10. Fournir une éducation sexuelle exhaustive afin que les filles et les femmes qui sont dans une relation abusive puissent mieux comprendre leur corps, et connaître les outils disponibles pour se protéger contre les maladies sexuellement transmissibles et/ou d’une grossesse non désirée ;

11. Plaider en faveur de la possibilité pour les filles de poursuivre leur scolarité afin de réduire les taux de mariages d’enfants et la pauvreté ;

12. Veiller à ce que les enfants soient enregistrés à l’état civil et qu’ils aient des documents, notamment un certificat de naissance, afin d’améliorer leur accès aux services de base ; et

13. Plaider pour la diminution des guerres et des conflits dans le monde afin de réduire les conditions qui augmentent les risques d’agression à l’encontre des femmes et des filles.

L’Église doit réexaminer les messages théologiques qu’elle communique à la lumière des expériences vécues par les victimes de violence sexuelle et basée sur le genre. Nous devons aborder avec une extrême attention les concepts de souffrance, de pardon, ainsi que la nature du mariage et de la famille ; ils sont importants, mais souvent utilisés à mauvais escient. Notre appel aux individus et à l’Église consiste en partie à rechercher les causes profondes de la violence, à œuvrer pour l’éradication des formes multiples qu’elle revêt, et à être les instruments de Dieu pour réaliser la plénitude des femmes et des enfants affectés. En tant que croyants, nous devons prendre conscience de la façon dont la violence touche nos communautés, de ce que nous pouvons faire pour ne plus y participer et comprendre quelles sont les interventions qui mettront fin à ces cycles continus.

ADOPTÉ EN 2016

Cf. Principes sociaux, ¶ 162C, F

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3442. Éliminer toutes les barrières : Vers l’inclusion totale de toutes les femmes au sein de l’église et de la société.

Vous tous qui avez été baptisés en Christ êtes revêtus de Christ. Il n’y a plus ni Juif ni non-Juif, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Jésus-Christ.

(Galates 3:27-28)

Alors que l’Église de Jésus-Christ amorce son troisième millénaire, les femmes continuent de répondre à l’appel de transformer l’Église et le monde au nom de Celui qui nous nomme et nous demande de témoigner, d’accomplir la mission et d’accomplir une transformation extraordinaire.

Bien qu’il fut un produit de son époque – marquée par les distinctions entre hommes et femmes, les différences de classe, de religion et l’exclusion – Jésus-Christ nous a apporté une invitation transformatrice. Le  Christ vivant invitait – et invite toujours – à la table commune de la grâce, de la justice et du pouvoir, les personnes qui jamais auparavant n’avaient été invitées aux tables des pouvoirs religieux, y compris les femmes, les minorités culturelles et religieuses, les parias, et les pécheurs qui déshonorent la communauté.1 Et les femmes, en affirmant leur voix dans ce nouveau mouvement de foi allumé par le Messie, sont devenues chefs de file de l’expansion de ce mouvement et de l’inclusion des gentils dans ce qui était considéré comme le renouvellement du judaïsme par Jésus.

De fait, les femmes plaidaient pour protéger l’égalité inclusive du discipolat invoqué par Jésus. Elles mettaient ainsi le mouvement de Jésus au défi de rester fidèle à la nouvelle vision des relations humaines dont Jésus était à l’origine en élargissant la table de la communion, en partageant le message de la venue de Dieu et en invitant les Gentils (non-Juifs) à prendre part à ce règne.1 Jésus a traité les femmes avec dignité et respect, il a remis en question le sexisme conventionnel de son époque, et il a à jamais redéfini le rôle des femmes dans l’église et la société.

À l’instar des nombreuses expressions de la foi chrétienne, il a fallu du temps à l’Église Méthodiste Unie pour capter la vision du Christ. En 1770, la première femme méthodiste fut nommée à un poste à responsabilités aux États-Unis ; en 1817, les femmes furent autorisées à organiser des réunions de prière mais pas à prêcher ; en 1884, l’ordination d’Anna Howard Shaw par l’Église méthodiste protestante fut déclarée irrecevable ; et le droit de vote des femmes dans la tradition méthodiste n’a été universellement reconnu qu’en 1956.

1. An End to This Strife: The Politics of Gender in African American Church (La fin des dissensions : Politique des sexes dans l’église afro-américaine),  Demetrius K. Williams, Augsburg Fortress Press, 2004.

Depuis cette époque, cependant, l’appel de Dieu aux femmes en tant que prédicatrices, enseignantes, administratrices, missionnaires, trésorières, leaders laïques, fiduciaires, protectrices de la paix et de la justice, militantes pour le droit de vote, éducatrices chrétiennes, et évangélistes a apporté une bouffée d’air frais au monde et à l’Église sur les ailes du Saint-Esprit, malgré la hausse et la baisse de l’enthousiasme de notre dénomination pour traiter le sexisme, les partis pris basés sur le genre, les préjugés et la mauvaise théologie. Dieu a fait des choses remarquables à travers nous, et parfois malgré nous. Au nombre des victoires célébrées dans l’histoire de notre dénomination :

  • 27 % des pasteurs Méthodistes Unis dans les églises locales sont des femmes, par rapport à 1 % en 1972 ;
  • sur les 66 évêques actifs de l’Église Méthodiste Unie à travers le monde, 13 sont des femmes, 11 aux États-Unis et 2 dans les conférences centrales. Parmi les femmes évêques aux États-Unis, 9 sont blanches et 2 sont latinas. Aucun autre groupe racial ou ethnique des États-Unis n’est représenté parmi les femmes évêques. En 2012, pour la première fois, une femme évêque a été élue pour servir en Afrique. Depuis 2012, il n’y a pas eu de femme noire américaine parmi les évêques actifs Méthodistes Unis ;
  • L’Église Méthodiste Unie a donné au monde la première femme évêque afro-américaine (Leontine T. C. Kelly, 1984) et la première femme évêque latina (Minerva Carcaño, 2004) au sein du principal courant de la chrétienté ;
  • les femmes représentent la moitié de tous les étudiants inscrits dans des séminaires Méthodistes Unis en vue d’obtenir l’ordination ;
  • Les Femmes Méthodistes Unies sont la plus grande et la plus prolifique des missions œuvrant pour les femmes, les enfants et la jeunesse de notre dénomination par le biais de ministères pour l’éducation, le discipolat, le développement économique et social, les soins de santé, le plaidoyer et l’autonomisation dans plus de 120 pays à travers le monde.

À bien des égards, l’Église Méthodiste Unie est un porte-drapeau parmi les communions de la foi judéo-chrétienne en termes d’inclusion totale des femmes dans la vie, dans le ministère, et comme témoin de l’église institutionnelle ainsi que de ses expressions locales et régionales. Toutefois, si nous posions la question suivante : l’Église Méthodiste Unie est-elle un témoin crédible et fiable de l’accueil exemplaire qu’a réservé le Christ à toutes les femmes en tant que partenaires précieuses et respectées dans la totalité de la vie institutionnelle et témoin mondial de l’impact de l’Église ? La réponse honnête serait : pas encore. Nous sommes encore bien loin d’avoir relevé le défi présenté dans l’Épître aux Galates, 3:27-28, qui déclare qu’hommes et femmes sont vraiment un en Jésus-Christ. Il existe encore des domaines au niveau de l’encadrement, du ministère professionnel, de la prise de décision et du discipoplat où l’Église ne fait pas confiance, ne met pas en valeur, ne révère pas et n’alloue pas de ressources aux femmes dans la même mesure qu’à leurs frères en Christ. Parmi les exemples récents :

  • en 2007, de nombreuses congrégations Méthodistes Unies refusent encore d’accepter qu’une femme soit pasteur principal et s’opposent particulièrement à la nomination de membres du clergé d’autres races. En 2006, une femme pasteur non blanche nommée dans une église anglo-saxonne a reçu des menaces de la part des membres de l’église pour la dissuader d’accepter ce poste. Dans un autre cas, des laïcs ont menacé de quitter la congrégation si la femme pasteur ne portait pas une robe, au lieu d’un pantalon, pour prouver qu’elle était « une vraie dame ».
  • Dans une enquête menée en 2007 auprès des congrégations Méthodistes Unies, 18 % des répondants ont déclaré ne pas avoir de femmes à la fonction de placeuse (une augmentation par rapport à 2004) ; les responsables des conseils d’églises, responsables financiers et membres du conseil d’administration au sein des églises locales sont encore principalement des hommes et non des femmes.
  • Les effectifs de l’Église Méthodiste Unie aux États-Unis sont en déclin parmi les jeunes femmes (et les hommes), ainsi que parmi les personnes de couleur, particulièrement dans les communautés à faible revenu.
  • D’après un récent rapport sur les tendances démographiques selon l’âge des membres du clergé au sein de l’Église Méthodiste Unie (Clergy Age Trends in The United Methodist Church, 2014) du Lewis Center, le nombre de femmes de moins de 35 ans dans un rôle d’aînées est passé de 38 % en 2013, à 39 % en 2014.
  • Certains laïcs et membres du clergé ayant répondu à une enquête sur le harcèlement sexuel dans l’église demandée par la Conférence Générale de 2004 ont rejeté tout ministère lié à l’autonomisation des femmes et sur les questions de sexisme, invoquant qu’il s’agit « d’âneries politiques », qui « n’ont rien à voir avec le fait de répandre la bonne nouvelle de Jésus-Christ ».
  • Une femme surintendante de district aurait été traitée de « salope » lors d’un désaccord avec un collègue masculin pendant une réunion de cabinet dans une conférence annuelle.
  • Plusieurs dirigeants importants de l’Église –  y compris des évêques – ont rejoint la société séculière pour décrier « la tyrannie de la diversité » et ont abandonné le travail visant à éliminer le racisme et le sexisme ;
  • Des propos tels que : « Nous devons arrêter de nous préoccuper de la politique et nous concentrer sur l’évangile… » (c’est-à-dire si l’Évangile est interprété d’une façon qui continue de privilégier les Nord-Américains, les personnes blanches et les hommes) ; et «Nous accepterons une femme ou une personne de couleur si elles sont qualifiées » (Faut-il en déduire que les hommes blancs sont automatiquement présumés qualifiés, mais que les femmes et les personnes de couleur obtiennent leur poste en fonction d’autres critères, et non en raison de leurs dons et de leurs talents ?) ;
  • L’organisation nationale des Femmes Méthodistes Unies fait l’objet d’attaques au motif que trop d’argent et de pouvoir seraient dans les mains d’un conseil d’administration contrôlé par des femmes. Des opposants ont proposé des mesures telles que réduire le nombre de femmes Méthodistes Unies membres du conseil d’administration pouvant également siéger au Conseil des Ministères Globaux afin d’assurer un « équilibre entre les sexes ».
  • Les allégations d’abus sexuels à l’encontre de femmes, perpétrés par des dirigeants laïcs et membres du clergé à l’intérieur de l’église sont en augmentation selon la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes.
  • Les femmes constituent 54 % de la totalité des membres de notre dénomination, mais elles représentent moins de 30 % des pasteurs ordonnés et seulement 27 % des postes les mieux rémunérés dans les conférences annuelles aux États-Unis (trésorières, rectrices ou directrices de ministère connexionnel) ;
  • Sur les 20 évêques actifs qui supervisent le travail de l’Église en Europe, en Afrique, et aux Philippines, on ne dénombre que 2 femmes.

Selon la théologienne et éthicienne Méthodiste Unie Rosetta Ross, la caractéristique fondamentale de la communauté chrétienne authentique est que nous nous aimions les uns les autres comme Dieu nous aime. Un tel amour n’est pas une émotion passive, purement personnelle, il exige que nous nous efforcions constamment d’être dans une relation juste les uns avec les autres, que nous poursuivions la justice et le bien-être pour tous, et que nous soyons courageux dans l’élimination de ce qui freine l’établissement de la communauté aimée – et aimante – de Dieu.2

2. Blazing Trails and Transcending Boundaries Through Love: Women of Color and ‘Religious Work’ (Ouvrir la voie et transcender les frontières par l’amour : Femmes de couleur et travail religieux), Rosetta E. Ross, professeure associée de philosophie et d’études religieuses, Spelman College, Atlanta, Géorgie, 2006.

De fait, le Dr Ross affirme que l’amour agapé au sens chrétien est un amour qui « affirme la dignité et la valeur de la vie » et dépend de « l’interrelation de toutes relations – intimes ou professionnelles, publiques ou privées » exprimées par les actions, les pratiques, et les comportements des individus et de la communauté collective chrétienne.

« Tout ce que nous aimons d’un amour social agapé – notre compréhension d’un mouvement particulier ; les personnes vivant dans des zones de guerre ou sans eau potable ; les communautés dont nous faisons partie ; la cause de justice ; ou la beauté naturelle de la  création – est évident dans l’expression de prévenance fidèle que nous leur accordons, » conclut le Dr Ross, qui est également membre du clergé de l’Église Méthodiste Unie en Caroline du Sud.

L’Église Méthodiste Unie, en tant que communauté conçue comme expression collective de l’amour du Christ pour nous tous a déclaré sa croyance en l’égalité totale des femmes et son désir de les inclure ; l’Église a historiquement décrié le sexisme institutionnel sous toutes ses formes, partout dans le monde. Pourtant, nous continuons notre chemin vers une vie de fidélité, pour joindre le geste à la parole, être l’émulation du modèle de Jésus en vue de bouleverser les conventions et accomplir des choses nouvelles pour Dieu, impliquer les femmes comme participantes universellement respectées dans tous les aspects de notre vie collective et des congrégations. Nous sommes encore en train de concrétiser ce que signifie prodiguer l’amour agapé à toutes les filles et à tous les fils de Dieu, au-delà du patriarcat et de la misogynie historiques qui ont entaché la pleine participation des femmes dans l’église et la société.

Notre fiabilité en tant qu’agence de l’amour de Dieu suppose que nous soyons attentifs les uns aux autres et que nous cherchions à autonomiser, affranchir et élever les personnes qui sont encore opprimées, ridiculisées, traitées comme « moins que ». L’amour agapé cherche à rendre le monde meilleur en affirmant continuellement toute vie ; et nous sommes prêts à appeler toutes les personnes et tous les systèmes – y compris notre propre dénomination – à rendre compte sur la façon dont nous autonomisons ou opprimons les enfants de Dieu. L’amour agapé ne craint pas le risque d’être ridicule ou d’interrompre la routine habituelle. En fait, l’amour de Dieu exige que nous agissions, même s’il s’agit d’adopter des positions gênantes, impopulaires, incommodes ou même effrayantes. En outre, il exige du courage. Pour citer le Dr Ross, « Nous nous comportons avec courage quand nous sommes déterminés à agir et créer le contexte nécessaire pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés en cherchant à être fidèles à ce que nous aimons et ce envers quoi nous sommes engagés. »

Tant que nous n’aurons pas affirmé la dignité et le valeur, les contributions, les points de vue théologiques, les inquiétudes, les espoirs, les recommandations, et même le discours des femmes envers autrui et entre elles, l’Église Méthodiste Unie ne sera pas adéquatement équipée pour faire des disciples de tous, porter la parole de l’espoir, de la paix et de l’amour à un monde brisé, et démontrer notre authenticité en tant qu’incarnation du corps du Christ qui transforme la vie et abat les barrières.

En conséquence, nous demandons à la Conférence Générale de renouveler l’engagement de l’Église Méthodiste Unie à satisfaire aux recommandations suivantes dans le cadre de notre parcours pour démanteler le sexisme dans l’Église et inviter toutes les femmes, de tous horizons, à prendre place à la table de bienvenue de Dieu, en demandant à la dénomination :

  1. D’écouter à nouveau les femmes, en mettant un nouvel accent sur les femmes de couleur. L’expérience vécue par les femmes non blanches aux États-Unis, ainsi qu’au sein de l’Église Méthodiste Unie en Afrique et aux Philippines, reflète les paraboles et les récits des Évangiles sur le triomphe face aux obstacles, le fait d’être étranger dans un pays étranger, de réinterpréter les récits familiers pour les nouveaux disciples, et rendre nos paroles sur l’amour et la justice conformes à nos actions, surtout parce que l’Église existe aussi dans une société qui est encore raciste et sexiste. Nous demandons aux agences générales de créer des outils, programmes, documents pédagogiques, réseaux et possibilités d’évangélisation pour autonomiser les femmes dans l’église et la société, y compris des ressources spécifiques sur les possibilités de leadership offertes aux femmes de moins de 35 ans, aux femmes non blanches aux États-Unis, aux femmes en-dehors des États-Unis, aux femmes se rétablissant suite à une addiction, aux femmes divorcées, femmes cadres, femmes paysannes, et aux femmes sceptiques sur l’église. Nous demandons instamment aux équipes chargées du développement de l’Église d’inclure des femmes issues des groupes susmentionnés pour aider l’Église à devenir un mouvement plus dynamique dans la vie des gens, plutôt qu’une simple institution religieuse. Concernant le développement du leadership à tous les niveaux, l’Église doit dédier de l’énergie, des ressources, des compétences et des prières en vue d’impliquer de nouvelles femmes laïques et membres du clergé à assumer des responsabilités d’encadrement.
  2. De se faire le champion de la parité économique et de la justice, en commençant par nos propres communautés. Notre dénomination, principalement axée sur l’Occident, doit témoigner par ses dons et ses actes sur le pouvoir de l’agapé en œuvrant activement pour le bien-être de tous. Cela est particulièrement essentiel dans notre travail avec les femmes et les enfants qui à travers le monde sont plus susceptibles que les autres groupes démographiques de vivre dans la pauvreté, ne pas avoir accès à des soins de santé de qualité, au logement et à l’éducation, et qui n’ont pas le pouvoir politique de transformer le système.  L’Église Méthodiste Unie doit montrer la voie en mettant en valeur le travail comparable et la valeur des femmes dans nos églises, nos agences et organismes connexes, en se faisant le champion notamment de structures de garde d’enfants et de soins de santé abordables, de l’égalité salariale, de l’aide financière, d’un soutien éducatif pour les femmes célibataires en Afrique et aux Philippines. Chaque agence et conférence annuelle devra soumettre un rapport à la Conférence Générale de 2012 sur la façon dont elle a impliqué les femmes, y compris les femmes de couleur, les femmes originaires d’Afrique et des Philippines, et les femmes de moins de 35 ans.
  3. D’évangéliser et d’identifier, de recruter et former des leaders parmi les femmes. Ces dernières années, certains commentateurs de la vie de l’église ont prétendu que les églises chrétiennes étaient devenues « trop féminisées » et par conséquent non pertinentes ou peu attrayantes pour les hommes. Mais ces mêmes observateurs ne tiennent pas compte du fait que malgré les décennies d’une direction des églises exclusivement masculine, et même face à une mauvaise interprétation étriquée et misogyne de la Bible visant à exclure les femmes ou à les blâmer de tous les péchés de l’humanité, nombre d’entre elles sont restées, activement et dans la joie, impliquées dans la vie de l’Église institutionnelle.  Nous demandons aux agences générales et aux conférences annuelles d’inclure dans leurs stratégies de développement des églises et de nouveaux discipolats des efforts pour atteindre les femmes de couleur, femmes jeunes, femmes pauvres, femmes cadres, adolescentes, femmes âgées, femmes immigrées, femmes rescapées de violences, femmes en prison, femmes sortant de prison, femmes en quête spirituelle, femmes élevant des enfants avec un faible revenu, etc.
  4. D’adopter une posture de « non tolérance » envers la violence sexuelle, le harcèlement et les abus dans l’église et la société. Selon certaines estimations de défenseurs de notre dénomination et de juristes, l’Église Méthodiste Unie a dépensé, entre 2000 et 2004, plus de 50 millions de dollars en frais juridiques, séances de conseil, médiations et réparations liés à l’inconduite et aux abus sexuels dans l’église commis par des laïcs ou membres du clergé. Bien que tout le monde puisse être touché par l’inconduite sexuelle, dans la plupart des cas l’agresseur est un homme et les victimes sont des femmes ou des enfants. Si les femmes ne peuvent avoir confiance en l’Église pour les croire, les protéger des abus et leur assurer une justice transparente lorsqu’il y a abus, cela remet en cause l’authenticité du témoignage de l’Église.  Cela pourrait leur laisser croire que l’Église – et par extension, Dieu – ne se soucie pas d’elles, et ne veut pas ou ne valorise pas leur participation. Nous appelons le Conseil des évêques à collaborer avec la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes en vue d’élaborer et mettre en vigueur des politiques, des lois et des pratiques efficaces, ainsi qu’à appliquer ces politiques et pratiques en vue de réduire le risque d’inconduite et assurer un dédommagement et des réparations justes aux victimes d’abus, le cas échéant.
  5. D’impliquer les femmes dans l’étude théologique, ainsi que dans l’élaboration et l’enseignement de la doctrine de l’église. Il n’y a pas de perspective strictement féminine ou de théologie féminine, ou de point de vue féminin du christianisme. Cependant, le point commun parmi de nombreuses femmes au sein de l’Église Méthodiste Unie est que leur participation au discours théologique est en général traitée comme « supplétive » de l’enseignement biblique et théologique  « classique ». Les perspectives féministes/féminines/mujerista sont souvent considérés comme subversives et traitées avec suspicion. Les débats sur le langage inclusif, la lecture des textes hébreux et grecs à travers les yeux des femmes, et la théologie de la libération – surtout si elle est débattue par des femmes – sont souvent considérés comme des menaces à la foi chrétienne, plutôt que des points de vue nouveaux, voire plus authentiques. Par ailleurs, les femmes laïques et femmes pasteurs dans les paroisses locales ne se considèrent pas souvent comme théologiennes ayant le droit d’étudier les Saintes-Écritures, d’adopter l’Évangile de façon novatrice, et d’offrir leurs enseignements à l’ensemble de l’Église. Nous exhortons la dénomination à affirmer l’importance du point de vue des femmes dans les débats théologiques au sein de la dénomination, et nous applaudissons le Conseil général de l’Enseignement supérieur et du Ministère pour son programme de bourses pour les femmes de couleur, qui autonomise et implique les femmes de couleur dans l’enseignement et dans le discours théologique. En outre, nous demandons au Conseil de surveiller les séminaires Méthodistes Unis pour veiller à l’inclusion des perspectives théologiques des femmes, cela devant être illustré par le nombre de professeurs titulaires, etc. De plus, nous invitons la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes à créer des programmes pour les églises locales avec des outils pédagogiques sur le langage inclusif, le sexisme, la création d’une église accueillante pour les filles, et les mythes sur les femmes et le leadership au sein de l’église. Et nous demandons aux membres actifs du Conseil des évêques d’étudier avec les pasteurs et dirigeants laïcs de leurs conférences annuelles respectives l’histoire des femmes prédicatrices et enseignantes dans l’église à l’aide du programme en six parties intitulé Women Called to Ministry (Les femmes appelées au Ministère), conçu par la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes et le Conseil général de l’Enseignement supérieur et du Ministère, disponible sur www.gcsrw.org.
  6. De créer un « bulletin de notes » sur les mesures prises par chaque agence et conférence annuelle pour vaincre le sexisme. La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes devra créer des outils de surveillance en nombre suffisant, des groupes de réflexion, des audits à distance et des enquêtes ainsi que des normes de base

ÉRADICATION DU SEXISME DANS L’ÉGLISE 3443.

permettant d’évaluer les progrès accomplis par chaque conférence annuelle et agence générale en termes de pleine participation des femmes, de démantèlement du sexisme institutionnalisé et de gestion de l’inconduite sexuelle.

Ressources recommandées : www.gcsrw.org, www.umsexualethics.org; The Journey Is Our Home: A History of the General Commission on the Status and Role of Women, (Historique de la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes) Carolyn Henninger Oehler, 2005 ; Résolutions N° 2044 de 2008, « Inconduite sexuelle dans les relations ministérielles, » et N° 2045 « Éradication du harcèlement sexuel dans l’église et la société. »

ADOPTÉ EN 2008

AMENDÉ ET RÉADOPTÉ EN 2016, RÉSOLUTION N° 3442, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2012 

RÉSOLUTION N° 3443, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2008,  

RÉSOLUTION N° 190, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2004 

RÉSOLUTION N° 180, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2000 

Cf. Principes sociaux, ¶ 163.

 

______________________________________________

 

3443. Éradication du sexisme dans l’Église.

Attendu que le sexisme continue d’être une force répandue et systématique dans notre église et dans notre société ; et

Attendu que le sexisme prive l’église et la société de la possibilité d’utiliser les compétences et les talents des femmes ; et

Attendu qu’une enquête effectuée par la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes en 2007 auprès des églises locales aux États-Unis a révélé que seulement 55 % des églises de petite taille et 62 % des  églises ayant un grand nombre de membres ont des politiques contre le harcèlement sexuel ; que les études sur le langage inclusif sont rares au sein des congrégations locales où 4 % des laïcs et 31 % des membres du clergé seulement disent utiliser un langage inclusif en faisant référence à Dieu ; que les congrégations urbaines ont plus souvent des programmes d’études sur le langage inclusif, des politiques relatives au harcèlement, et des rôles diversifiés pour les femmes laïques (membre du conseil d’administration, placeuses par exemple) ; et

Attendu que l’Église maintient son engagement pour l’éradication du harcèlement sexuel à l’encontre des enfants, des employés, des volontaires, des membres du clergé et de leurs familles et des membres des congrégations. Signalons que l’inconduite sexuelle demeure un problème grave dans nos conférences où 1 femme sur 33 est touchée par le harcèlement sexuel lors de réunions dans les églises locales ou lors du culte ; qu’un nombre alarmant de congrégations locales n’ont pas de politiques, procédures ou formations en place destinées aux laïcs et aux membres du clergé en vue de faire cesser et de prévenir le harcèlement et l’inconduite sexuels ;

3443.

 

Attendu que les femmes constituent 58 % de l’effectif de la dénomination mais n’occupent qu’un cinquième des postes de haute direction au sein des conférences annuelles des États-Unis, et lorsqu’elles sont leaders elles sont principalement reléguées à des comités sans grand pouvoir financier tels que les ministères et groupes de plaidoyer féminins, s’occupant de causes raciales-ethniques, et ministère pour la jeunesse plutôt qu’à des comités exerçant une influence considérable et un contrôle sur le financement et l’allocation de fonds aux ministères des conférences annuelles ; et que les femmes employées par les agences générales des églises occupent 77 % des postes de travail administratif et de secrétariat (données du Conseil général sur les finances et l’administration 2009 ; Women by the Number : numéros de novembre 2010, décembre 2010, janvier 2011 et mars 2011 ; THE FLYER) ; et

Attendu que l’Église continue de perdre des femmes pasteurs qui quittent le ministère des églises à la faveur de formes plus accueillantes de ministère, indiquant un sexisme persistent, subtil et souvent incontesté qui nie aux femmes de l’Église Méthodiste Unie la possibilité de participer pleinement et de façon égale à tous les domaines de l’Église ;

En conséquence, il est résolu  que la Conférence Générale continuera de s’engager pour l’éradication du sexisme dans l’église et qu’elle affirme le travail et les tâches de la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes et des commissions connexes des conférences annuelles et de leurs homologues ; et

Il est en outre résolu que chaque commission de conférence annuelle ou son équivalent recevra un soutien financier pour poursuivre des projets visant à éduquer les membres des églises locales sur les questions du sexisme et parrainer des formations au leadership qui permettront aux membres des commissions des conférences annuelles d’être de meilleurs défenseurs de toutes les personnes recherchant l’équité et l’inclusion ; et

Il est en outre résolu que chaque conférence annuelle, séminaire Méthodiste Uni et toutes les institutions liées à l’Église Méthodiste Unie doivent avoir en place des politiques sur le harcèlement sexuel et l’égalité des chances ; et

Il est en outre résolu que chaque conférence annuelle et congrégation locale est appelée à mettre en place une politique, des procédures et des possibilités de formation pour les laïcs et les membres du clergé en vue de faire cesser et prévenir le harcèlement et l’inconduite sexuels ; et que les progrès vers une conformité totale seront présentés dans un rapport de l’Office épiscopal à la demande de la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes. La Commission sera chargée de rendre compte à la Conférence Générale de  2016 ; et

SOUTIEN DE L’ÉGLISE LOCALE AUX JEUNES 3461.

Il est en outre résolu que la Conférence Générale appuiera la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes dans son travail d’agence de défense et de surveillance des questions liées aux femmes, en vue d’augmenter les possibilités pour les femmes cadres, de promouvoir l’égalité dans l’obtention de postes à responsabilités, et d’encourager l’inclusion dans tous les aspects de l’Église Méthodiste Unie.

ADOPTÉ EN 1996

AMENDÉ ET RÉADOPTÉ EN 2004, 2012

RÉSOLUTION N° 3443, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2012 

RÉSOLUTION N° 3444, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2008  

RÉSOLUTION N° 48, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2004 

RÉSOLUTION N° 40, 2000

 

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BOR #8021: Fonctions de la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes (COSROW), ou d’un comité connexe,  au sein d’une conférence annuelle

 

En se focalisant sur un appel général à faire des disciples de toutes les personnes, les conférences annuelles s’acquittent des responsabilités énoncées dans le Livre de Discipline.

¶ 644 à travers diverses structures créatives et formes de soutien institutionnel. Concernant la pleine participation des femmes dans la totalité de la vie de l’Église, certaines conférences annuelles maintiennent une Commission générale sur le statut et le rôle des femmes indépendante, tandis que d’autres incorporent ce travail au sein de leurs structures établies pour traiter les questions interdépendantes. Ce modèle adaptatif et souple permet d’identifier comment chaque conférence annuelle œuvre à faire des disciples à tous les niveaux de l’Église en étant sensible à la dimension de genre et en étant inclusive, en encourageant la coopération entre toutes les personnes dans le respect des dons uniques de chaque individu.

Les Conférences ayant des ministères existants actifs et efficaces devront continuer leurs programmes et régulièrement rapporter à COSROW le travail qu’elles font et le statut des femmes dans la conférence annuelle. Les actions recommandées ci-dessous n’ont pas pour but de remplacer les programmes existants ou les ministères efficaces, mais de guider le travail de planification indépendamment de la structure particulière de la conférence.

1.  Organiser des rencontres de soutien aux femmes et des formations sur les questions pertinentes y compris, mais sans s’y limiter, l’équilibre vie professionnelle/privée, la violence conjugale, l’égalité salariale, le développement du leadership, le leadership  coopératif, les congés de maternité et de paternité, l’éducation, et autres thèmes pertinents.

2.   Débattre et encourager l’attention accordée aux questions d’éthique sexuelle.

Se renseigner pour savoir si la conférence annuelle dispose de politiques et procédures pour traiter les questions d’inconduite sexuelle, y compris des pratiques pour prendre soin des victimes et des communautés touchées (ex. : en faisant appel à des équipes d’intervention).

Avoir recours à la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes, et utiliser le site umsexualethics.org  comme ressources, parrainer des sessions d’éducation et de formation, établir et renforcer les politiques visant à obtenir un processus équitable, la guérison et la réconciliation.

3.   Organiser des réunions avec les dirigeants de la conférence annuelle, par ex. : dirigeant laïque de la conférence,

704.

FONCTIONS DE COSROW AU SEIN D’UNE CONFÉRENCE ANNUELLE  8021.

Conseil d’administration des laïcs, Comité de nomination, Conseil du ministère ordonné, le cabinet, et l’évêque. Ces réunions ont notamment pour but de recommander des stratégies, des programmes ou des ressources en vue d’un effort continu pour améliorer la participation des femmes à la vie de l’église, tout en étant conscients des dons uniques et des luttes à propos des questions de race, d’appartenance ethnique, d’âge, d’aptitude et de statut.

4.  Envoyer au moins deux participants à des formations de développement du leadership parrainées par la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes, y compris au sommet  Do No Harm (Ne pas faire de mal) sur l’éthique sexuelle. Il est conseillé aux conférences annuelles de fournir autant de soutien que possible pour payer les frais de déplacement et d’inscription.

5.  Recruter et identifier des femmes pouvant être recommandées au Conseil d’administration des laïcs de la conférence annuelle, au Comité de nomination, et à d’autres instances dirigeantes. Cela peut être fait en demandant des recommandations aux dirigeants laïcs des églises locales, aux dirigeants laïcs de district, aux bureaux régionaux des Femmes Méthodistes Unies et des Hommes Méthodistes Unis, ainsi qu’à d’autres dirigeants locaux.

6.   Fournir au moins un rapport de surveillance, de recherche ou autre rapport sur le statut des femmes au sein de la conférence annuelle. Mettre en évidence les domaines de progrès et de préoccupations pour guider la planification stratégique et le développement futur du ministère. Les méthodes et le but de ces rapports consistent à établir une consultation avec la direction de la conférence, avec le personnel de la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes, avec les femmes laïques et les dirigeants du clergé de la conférence annuelle.

7.   Utiliser la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes comme ressource régulière.

La Commission générale sur le statut et le rôle des femmes fournira des ressources et des recommandations pour l’organisation de formations à l’échelle de toute la conférence annuelle. Les boîtes à outils pour les dirigeants de la conférence annuelle, les fiches d’informations sur les sujets liés aux femmes, les dernières études et informations sur la convocation des dirigeants par la Commission générale sur le statut et le rôle des femmes seront disponibles sur gcsrw.org.

ADOPTÉ EN 2016

705.

 

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F)  Femmes et hommes — Nous affirmons, à l’instar des Saintes-Écritures, l’humanité commune de l’homme et de la femme qui ont tous deux la même valeur aux yeux de Dieu. Nous rejetons la notion erronée selon laquelle un sexe serait supérieur à l’autre, qu’un sexe doit lutter contre l’autre, et que l’un des sexes peut recevoir de l’amour, bénéficier de pouvoir et d’estime aux dépens de l’autre. Nous rejetons particulièrement l’idée que Dieu a créé des individus en tant que fragments incomplets qui ne peuvent être entiers que dans une union l’un avec l’autre. Nous exhortons les femmes et les hommes à partager le pouvoir et le contrôle, à apprendre à donner et recevoir librement, à être complets et à respecter la plénitude de l’autre. Nous recherchons pour chaque individu la possibilité et la liberté d’aimer et d’être aimé, de réclamer et d’obtenir justice et de pratiquer l’autodétermination de façon éthique. Selon nous, la diversité des sexes est un don de Dieu visant à augmenter la variété et la richesse des expériences humaines et des points de vue ; nous mettons en garde contre les attitudes et les traditions qui utiliseraient ce don précieux pour rendre l’un des sexes plus vulnérable que l’autre dans le cadre relationnel.

G)  La sexualité humaine — Nous affirmons que la sexualité est un don précieux de Dieu à toutes les personnes. Nous appelons chacun à exercer une intendance responsable de ce don sacré.

Bien que toute personne, mariée ou non, soit un être sexué, les relations sexuelles sont affirmées par une alliance dans le cadre d’un mariage monogame et hétérosexuel.

Nous déplorons toute forme de commercialisation, d’abus ou d’exploitation du sexe. Nous demandons  un respect rigoureux au niveau mondial des lois sur l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi qu’une protection adéquate, l’apport d’une direction et de conseils pour les enfants abusés. Toute personne, quel que soit son âge, son sexe, son état civil ou son orientation sexuelle a droit au respect de ses droits humains et civils, et a le droit d’être protégée contre la violence. L’Église doit soutenir la famille par la diffusion d’une éducation appropriée sur la sexualité aux enfants, aux jeunes et aux adultes.

Nous affirmons que toutes les personnes sont des individus dont la valeur est sacrée, créées par Dieu. Toutes les personnes ont besoin du ministère de l’Église dans leur lutte pour s’épanouir, et elles ont besoin du réconfort spirituel et affectif procuré par une amitié qui puisse concilier la relation avec Dieu, autrui et soi-même. L’Église méthodiste unie ne sanctionne pas la pratique de l’homosexualité et considère cette pratique incompatible avec l’enseignement chrétien. Nous affirmons que la grâce de Dieu est disponible pour tous. Nous cherchons à vivre ensemble dans une communauté chrétienne accueillante, clémente et emplie d’amour les uns pour les autres, comme le Christ nous a aimés et acceptés. Nous implorons les familles et les paroisses de ne pas rejeter ou condamner leurs membres et amis lesbiennes et gay. Nous nous engageons à être en ministère pour et avec toutes les personnes.

H)  Violence et abus dans la famille — Nous reconnaissons que la violence et les abus dans la famille — sous toutes les formes : verbale, psychologique, physique, sexuelle — portent préjudice à l’alliance de la communauté humaine. Nous encourageons l’Église à assurer un environnement sûr, à apporter des conseils et un soutien aux victimes, et à aider l’agresseur à comprendre les causes profondes de ses actions et les différentes formes de violence afin de corriger son comportement. Quelle que soit la cause des abus, la victime et l’agresseur ont besoin de l’amour de l’Église. Bien que nous déplorions les actions de l’agresseur, nous affirmons que cette personne a besoin de l’amour rédempteur de Dieu.

I) Sévices sexuels — Les expressions sexuelles violentes, irrespectueuses ou abusives ne confirment pas la sexualité en tant que don de Dieu.  Nous rejetons toutes les expressions sexuelles qui portent préjudice à l’humanité que Dieu nous a donnée, et nous n’affirmons que l’expression sexuelle qui met en valeur cette humanité. Nous estimons que les relations sexuelles où l’un des partenaires exploite, se montre abusif envers l’autre ou pratique l’infidélité, sont en dehors des paramètres des comportements chrétiens acceptables, et que ces comportements sont destructeurs pour l’individu, la famille ainsi que pour l’ordre social. Nous déplorons toute forme de commercialisation et d’exploitation du sexe ayant pour conséquence d’avilir et de dégrader la personne humaine. Perdre sa liberté et être vendu à des fins sexuelles est une forme d’esclavage ; nous dénonçons ce type de commerce et nous soutenons les personnes abusées ainsi que leur droit à la liberté.

Nous demandons un respect rigoureux des lois au niveau mondial interdisant l’exploitation sexuelle ou l’utilisation des enfants par des adultes, et nous encourageons les efforts visant à engager la responsabilité juridique et financière des coupables. Nous demandons l’établissement de services de protection adéquats, ainsi que l’apport d’une direction et de conseils pour les enfants maltraités.

J)  Harcèlement sexuel — Nous considérons que la sexualité humaine est un don de Dieu. L’un des usages abusifs de ce précieux don de Dieu est le harcèlement sexuel. Nous définissons le harcèlement sexuel comme étant tout commentaire, avance ou demande à caractère sexuel, fait de façon importune, par expression verbale ou physique, étant raisonnablement perçu par le destinataire comme étant dévalorisant, intimidant ou coercitif.  Le harcèlement sexuel doit être compris comme relevant d’une relation de pouvoir plutôt qu’une question d’ordre exclusivement sexuel. Le harcèlement sexuel comprend, sans s’y limiter, la création d’un environnement de travail hostile ou abusif découlant d’une discrimination fondée sur le sexe d’une personne. Contrairement à la communauté nourricière ou l’individu peut s’épanouir, le harcèlement sexuel crée des conditions inconvenantes, coercitives et abusives, dans toutes les couches de la société où il se produit. Le harcèlement sexuel sape l’objectif social d’égalité des chances et de climat mutuellement respectueux entre hommes et femmes. Une attention importune à caractère sexuel est répréhensible et discriminatoire. Le harcèlement sexuel entrave la mission morale de l’Église.

P)  Agression sexuelle — Toute agression sexuelle est répréhensible. Nous affirmons le droit de toute personne de vivre à l’abri des agressions sexuelles ; nous encourageons les efforts des forces de l’ordre pour poursuivre en justice les auteurs de tels crimes, et nous condamnons le viol sous toutes ces formes. Peu importe où se trouve la personne, les vêtements qu’elle porte, qu’elle soit sous l’emprise de drogues ou d’alcool, qu’elle se soit comportée avec coquetterie, qu’elle soit de sexe féminin ou masculin, et peu importe les circonstances.

Q)  Pornographie — Les Saintes-Écritures nous enseignent que l’être humain a été créé à l’image de Dieu, et que nous devons rendre compte à Dieu en ayant des relations justes. Les images sexuelles peuvent célébrer une sexualité humaine vertueuse par une représentation positive dans l’art, la littérature et la pédagogie. Nous déplorons toutefois les images qui dénaturent cet aspect vertueux et nuisent à des relations sexuelles saines.

Nous nous opposons à toute forme de pornographie, et nous considérons que son usage est une forme d’inconduite sexuelle constituant une faute grave. La pornographie s’entend de documents à caractère sexuel décrivant des actes de violence, d’abus, de coercition, de domination, d’humiliation, et de dénigrement à des fins d’excitation sexuelle. La pornographie constitue une exploitation sexuelle et revient à faire de la femme et de l’homme des objets. Tout document sexuellement explicite représentant des enfants est abominable, et les enfants en sont victimes. La pornographie peut détruire la vie privée, la vie professionnelle et détruire une relation.

Nous nous affligeons de la présence généralisée de la pornographie sur Internet, y compris parmi les chrétiens, et nous nous affligeons de son impact sur les jeunes et sur le mariage.

L’Église est appelée à transformer et guérir toutes les personnes qui subissent les effets nocifs de la pornographie. Les congrégations doivent envoyer un message clair d’opposition à la pornographie et d’engagement envers un environnement sain pour tous. Nous encourageons les stratégies visant à éradiquer la pornographie, à soutenir les victimes, et à assurer des conversations transparentes et ouvertes ainsi qu’une éducation sur la sexualité et l’éthique sexuelle. Nous estimons aussi qu’une personne peut être réinsérée et qu’elle doit avoir la possibilité de recevoir un traitement ; par conséquent, les paroisses devront rechercher des moyens d’apporter un soutien et des soins pour traiter les problèmes d’addiction. En outre, toutes les paroisses sont encouragées à examiner et mettre à jours leurs politiques relatives à la protection des enfants, de la jeunesse et des adultes afin de refléter la position de l’Église méthodiste unie, à savoir que l’usage de la pornographie est une forme d’inconduite sexuelle constituant une faute grave. En encourageant l’éducation, la prévention et le chemin du rétablissement pour toutes les personnes touchées par la pornographie, nous vivons notre compréhension wesleyenne de la grâce et de la guérison.

R) Intimidation — L’intimidation est un problème croissant dans certaines parties de la connexion. C’est un facteur contributif au suicide et à la violence que l’on constate dans certaines cultures aujourd’hui. Nous affirmons le droit de toute personne, indépendamment de son sexe, son statut socio-économique, sa race, sa religion, son handicap, son âge, son apparence physique, son orientation sexuelle ou son identité de genre, d’être à l’abri de comportements agressifs importuns et de tactiques de contrôle nocives.

Nous sommes l’Église, et nous pouvons jouer un rôle central pour mettre fin à se problème. Nous exhortons les paroisses à rechercher des occasions de formation pour répondre aux besoins des personnes qui ont subi des intimidations et aux besoins des auteurs d’intimidations. Nous demandons aussi aux églises d’apporter un soutien aux personnes en position d’autorité qui pourraient témoigner ou être appelées à intervenir en faveur des victimes d’intimidations. Les paroisses sont vivement encouragées à prendre contact avec les associations et établissements scolaires locaux dans le cadre de cet effort.

Nous encourageons les églises à adopter, dans leurs sphères d’influence, une politique de tolérance zéro envers l’intimidation, y compris la cyberintimidation ; à défendre les personnes qui subissent de l’intimidation ; et à assumer un rôle de leadership pour intervenir dans les écoles et dans la communauté en vue d’empêcher l’intimidation.

 

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¶ 162                                  PRINCIPES SOCIAUX

F)  Droits des femmes — Nous affirmons que les femmes et les hommes sont égaux dans chaque aspect de leur vie commune. Par conséquent, nous demandons instamment que tous les efforts soient déployés en vue d’éliminer les stéréotypes concernant les rôles de chaque sexe et dans la description de la vie de famille, ainsi que dans tous les aspects de la participation des individus à l’Église et à la société, à titre bénévole ou rémunéré. Nous affirmons le droit des femmes à l’égalité de traitement en matière d’emploi, de responsabilités, de promotions et de salaires. Nous affirmons l’importance des femmes dans les postes à responsabilités à tous les niveaux de l’Église et de la société, et nous exhortons les organes concernés à garantir la présence des femmes grâce à des politiques d’emploi et de recrutement à cet effet. Nous soutenons Affirmative Action comme étant une méthode susceptible de corriger les inégalités et les pratiques discriminatoires au sein de notre Église et de notre société. Lorsque la mutation d’un employé doit être envisagée, nous demandons instamment aux employeurs de l’Église et de la société de tenir compte des deux parties dans les familles où les deux conjoints travaillent. Nous affirmons le droit des femmes à vivre à l’abri de la violence et des abus, et nous exhortons les gouvernements à adopter des lois qui protègent les femmes contre toutes les formes de violence et de discrimination dans tous les secteurs de la société.

G) Droits des hommes — Dans la mesure où nous affirmons que les femmes et les hommes sont égaux dans chaque aspect de leur vie commune, nous affirmons aussi le droit des hommes. Nous affirmons l’égalité des chances à l’emploi, à la prise de responsabilités et aux promotions. Les hommes ne doivent pas être ignorés, ni perdre des possibilités ni de l’influence parce qu’ils sont des hommes.

Nous reconnaissons que les hommes sont aussi victimes de violences conjugales et d’abus. Nous encourageons les communautés à leur offrir les mêmes politiques et protections que celles qui sont prévues pour les femmes dans des situations similaires. Nous affirmons le droit des hommes de vivre à l’abri de la violence et des abus, et nous exhortons les gouvernements à adopter des politiques qui protègent les hommes contre toutes les formes de violence et de discrimination dans tous les secteurs de la société.

Nous reconnaissons que le rôle des hommes dans l’éducation des enfants est d’une importance égale à celui des femmes, et nous demandons qu’ils aient des droits égaux à ceux des femmes en matière de congé parental. Lorsque les parents divorcent, les hommes ont souvent moins de contact avec les enfants. Nous demandons un accès égal à la garde des enfants, mais nous soulignons que l’intérêt de l’enfant doit toujours prévaloir.

 

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E)  Pauvreté — En dépit de la richesse générale dans les pays industrialisés, une majorité de personnes dans le monde vit dans la pauvreté. Pour répondre aux besoins de base que sont l’alimentation, les vêtements, l’éducation, les soins de santé et autres nécessités de la vie, il faut trouver des moyens de partager les ressources du monde de façon plus équitable. Les progrès technologiques, s’ils s’accompagnent de pratiques économiques abusives, appauvrissent les personnes et font que la pauvreté se perpétue. La pauvreté due à des catastrophes naturelles et à des changements environnementaux est en augmentation ; il faut accorder attention et soutien à cet état de choses. Les conflits et les guerres appauvrissent les populations de tous les côtés d’un conflit ; c’est pourquoi il est important d’œuvrer en faveur de solutions pacifiques.

En tant qu’Église, nous sommes appelés à soutenir les pauvres et à défier les riches. Pour commencer à atténuer la pauvreté, nous soutenons notamment les politiques suivantes : maintien d’un revenu suffisant, instruction de qualité, logement décent, formation professionnelle, possibilités d’obtenir un bon emploi, soins médicaux et hospitaliers de qualité, humanisation et révisions profondes des programmes d’assistance sociale, travail en faveur de la paix dans les zones de conflit, et efforts pour protéger l’intégrité de la création. Dans la mesure où des salaires bas sont souvent cause de pauvreté, les employeurs devraient payer leurs employés un salaire qui n’obligent pas ceux-ci à déprendre de l’aide publique pour se nourrir et subvenir à leurs besoins.

Dans la mesure où nous reconnaissons que pour réduire la pauvreté à long terme il faut aller au-delà de la fourniture de services et d’emplois pour les pauvres – car ils pourraient être retirés – nous mettons l’accent sur des mesures qui bâtissent et maintiennent la richesse des populations pauvres, y compris les stratégies de développement d’actifs suivantes : ouverture de comptes d’épargne, programmes de développement de micro-entreprises, programmes pour permettre l’accession à la propriété, conseils et formations à la gestion financière. Nous appelons les églises à développer ces ministères ainsi que d’autres ministères, afin de promouvoir l’acquisition d’actifs parmi les pauvres. Nous sommes particulièrement attentifs aux pays du Sud où les besoins en investissements et en micro-entreprises sont pressants. Nous sollicitons le soutien à des politiques qui encourageront une croissance économique équitable dans les pays du Sud et dans le monde, afin d’assurer des possibilités justes pour tous.

La pauvreté a souvent des causes systémiques ; par conséquent, nous ne considérons pas les personnes pauvres comme moralement responsables de leur condition économique.

 

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Nous croyons en Dieu, Créateur du monde ; et en Jésus-Christ, Rédempteur de la création. Nous croyons au Saint-Esprit, par lequel nous reconnaissons les dons de Dieu, et nous nous repentons du pêché que nous avons commis en utilisant ces dons à des fins idolâtres.

Nous affirmons que le monde naturel est l’œuvre de Dieu et nous nous consacrons à sa préservation, à son amélioration et à son utilisation fidèle par l’humanité.

Nous recevons avec joie pour nous-mêmes et pour autrui la bénédiction de la communauté, de la sexualité, du mariage et de la famille.

Nous nous engageons envers les droits des hommes, des femmes, des enfants, de la  jeunesse, des jeunes adultes, des personnes âgées et des personnes handicapées ; envers l’amélioration de la qualité de la vie ; et envers les droits et la dignité de toutes les personnes.

Nous croyons au droit et à l’obligation de toute personne de travailler pour la gloire de Dieu et pour son propre bien, ainsi que pour le bien des autres et, ce faisant, pour la protection du bien-être de chacun ; nous croyons aux droits à la propriété comme témoignage de confiance de la part de Dieu, à la négociation collective, ainsi qu’à une consommation raisonnable ; et à l’élimination de la détresse économique et sociale.

Nous nous consacrons à la paix à travers le monde, aux règles de justice et de droit parmi les nations, et à la liberté individuelle pour tous les peuples du monde.

Nous croyons au triomphe présent et final de la Parole de Dieu dans les affaires humaines, et nous acceptons avec joie notre mandat de manifester la vie de l’évangile dans le monde. Amen.

(Il est recommandé de mettre cette déclaration de Principes sociaux continuellement à la disposition des Chrétiens Méthodistes Unis, et d’y faire régulièrement référence de façon accentuée dans chaque congrégation. Il est en outre recommandé que notre « Credo social » soit utilisé fréquemment au culte du dimanche.)

 

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362. Procédures de plaintes —

1. L’ordination et l’appartenance à une conférence annuelle de l’Église Méthodiste Unie relèvent d’une confiance sacrée. Les qualifications et les devoirs des pasteurs locaux, membres associés, membres provisoires et membres de plein droit sont énoncés dans le Livre de Discipline de l’Église Méthodiste Unie, et nous considérons qu’ils découlent de l’évangile enseigné par Jésus-Christ et proclamé par ses apôtres. Chaque fois qu’une personne appartenant aux catégories susmentionnées, y compris une personne en congé autorisé, dans un emplacement honorable ou administratif est accusée de violer cette confiance, son bureau ministériel fera l’objet d’un examen.

Cet examen aura pour objet principal une résolution juste de toute violation de cette confiance sacrée, dans l’espoir que l’œuvre de justice de Dieu, la réconciliation et la guérison puissent être réalisées dans le corps du Christ.

Une résolution juste est axée sur la réparation de tout préjudice causé aux personnes et aux communautés, sur le fait de véritablement assumer sa responsabilité en rectifiant les torts dans la mesure du possible en favorisant la guérison de toutes les parties. Dans les situations appropriées, des processus visant une résolution juste selon la définition du paragraphe ¶ 362.1c peuvent être entamés. Une attention particulière devra être accordée pour que les contextes culturels, raciaux, ethniques et de genre soient valorisés tout au long du processus afin d’assurer l’équité, la justice et le rétablissement.

Une plainte est une déclaration écrite et signée faisant état d’une inconduite selon la définition du ¶ 2702.1. Lorsque l’évêque reçoit une plainte, la personne émettant la plainte et la personne visée par la plainte seront informées par écrit de la procédure à suivre à ce stade. Au fil de l’évolution de la procédure, les personnes concernées continueront d’être informées par écrit sur la nouvelle procédure, en temps utile. Toutes les échéances initiales peuvent être prorogées d’une période de 30 jours sur accord du plaignant et du défendeur.

  1. Supervision — Dans le cadre de ses fonctions ordinaires de surintendant, l’évêque ou le surintendant du district peut recevoir ou émettre des plaintes sur la performance ou le caractère du membre du clergé. Une plainte est une déclaration écrite et signée faisant état d’une inconduite ou de devoirs ministériels accomplis de façon insatisfaisante.78 La personne formulant la plainte et le membre du clergé devront être informés par le surintendant du district ou l’évêque à propos de la procédure de dépôt de plainte ainsi de l’objet de celle-ci.
  2. Réponse de l’autorité de supervision — La réponse de l’évêque ayant l’autorité de supervision doit commencer au moment de la réception d’une plainte formelle. La réponse sera pastorale et administrative, et devra tendre à une juste résolution entre toutes les parties. Il ne s’agit pas d’une procédure judiciaire. La plainte devra être traitée comme une allégation ou des allégations tout au long du processus du supervision. À aucune des réunions de supervision un procès-verbal in extenso ne sera rédigé et aucun conseil juridique ne sera présent. La personne visée par la plainte peut choisir de se faire accompagner par une tierce personne qui aura voix au chapitre ; la personne formulant la plainte aura le droit de se faire accompagner par une tierce personne qui aura voix au chapitre.

La réponse de l’autorité de supervision devra être apportée par l’évêque ou la personne désignée par celui-ci en temps utile, en prenant soin de communiquer avec toutes les parties au sujet de la plainte et de la procédure. Sur décision de l’évêque, des personnes possédant des qualifications et de l’expérience en matière d’évaluation, d’intervention ou de guérison pourront être sélectionnées pour aider au cours de la réponse de l’autorité de supervision. L’évêque pourra aussi consulter le comité sur les relations pasteur-paroisse pour les pasteurs, le comité de district sur la surintendance pour les surintendants de district, le comité du personnel approprié, ou toute autre personne pouvant être utile. 

Lorsque la réponse de l’autorité de supervision est lancée, l’évêque doit aviser le président du Conseil du ministère ordonné qu’une plainte a été déposée, l’informer du nom du membre du clergé visé, de la nature générale de la plainte et, à l’issue de la procédure, de la décision prise concernant la plainte.

  1. Résolution juste — La réponse de l’autorité de supervision peut inclure une procédure recherchant une résolution juste où les parties sont assistées par une tierce personne, qualifiée et impartiale, à titre de modérateur ou de médiateur, en vue d’aboutir à un accord satisfaisant pour toutes les parties.79
  1. 78.Cf. Décisions du Conseil judiciaire 763, 777.
  2. 79.Cf. Décisions du Conseil judiciaire 691, 700, 751, 763, 768.

Si l’évêque choisit de lancer une procédure de médiation en vue d’une résolution juste, l’évêque lui-même, la personne déposant la plainte, le défendeur et autres personnes concernées devront conclure un accord écrit décrivant le processus, y compris tout accord de confidentialité. Une procédure recherchant une résolution juste peut être entamée à tout moment de la procédure de supervision, de plainte ou du procès. Si une résolution est obtenue, une déclaration écrite de résolution, y compris les conditions générales, devra être signée par les parties, et celles-ci conviendront de toute question à divulguer à une tierce partie. Une résolution juste acceptée par toutes les parties constituera la décision finale relative à la plainte.

Une procédure recherchant une résolution juste peut être entamée à tout moment de la procédure de supervision relative à la plainte. Il ne s’agit pas d’une procédure administrative ou judiciaire. 

  1. Suspension — Lorsque cela est approprié pour assurer le bien-être de la personne portant plainte, la congrégation, la conférence annuelle, ou autre contexte pour le ministère, et/ou le pasteur, l’évêque sur recommandation du comité exécutif du Conseil du ministère ordonné, peut suspendre ladite personne de ses responsabilités au sein du clergé mais pas d’une nomination, pour une durée de 90 jours au maximum. Sur accord du comité exécutif du Conseil du ministère ordonné, l’évêque peut proroger la suspension d’une période supplémentaire ne dépassant pas 30 jours. Pendant la suspension, le salaire, le logement et les prestations accordés par une charge pastorale continueront à un niveau qui ne sera pas inférieur à celui qui prévalait à la date de la suspension. La personne ainsi suspendue de ses fonctions retiendra tous ses droits et privilèges comme indiqué au ¶ 334. Le coût de la désignation d’un pasteur pendant la période de suspension sera pris en charge par la conférence annuelle.
  2. Renvoi ou rejet d’une plainte — À la réception d’une plainte écrite et signée, l’évêque devra dans les 90 jours apporter la réponse de l’autorité de supervision décrite ci-dessus. Si dans les 90 jours suivant la réception de la plainte une résolution n’est pas obtenue l’évêque pourra :
    1. soit rejeter la plainte avec le consentement du cabinet, en motivant cette décision par écrit et incluant une copie de ce document dans le dossier du membre du clergé ; 
    2. soit renvoyer la question au conseil d’église en tant que plainte.
  1. Suivi de supervision et guérison — L’évêque et le cabinet devront assurer le processus de guérison au sein de la congrégation, de la conférence annuelle ou autre contexte de ministère si une perturbation significative a été causée par la plainte. Le processus peut inclure le partage d’informations par l’évêque ou par la personne qu’il aura désignée sur la nature de la plainte, sans divulguer les faits allégués, car cela pourrait compromettre toute procédure administrative ou judiciaire ultérieure. Lorsque les faits sont divulgués, les intérêts et les besoins de toutes les personnes concernées doivent être dûment pris en compte, y compris ceux du plaignant et du défendeur susceptibles d’être engagés dans une procédure administrative ou judiciaire. Ce processus de guérison peut inclure une procédure de résolution juste qui traite des conflits non résolus, du soutien aux victimes et de la réconciliation des parties concernées. Il peut se dérouler à n’importe quel moment de la procédure de supervision, de plainte ou du procès.
  2. Une plainte peut être mise en suspens avec l’approbation du Conseil du ministère ordonné si les autorités civiles sont impliquées, ou si leur implication dans des questions relatives à la plainte est imminente. L’état des plaintes mises en suspens devra être examiné au minimum tous les 90 jours par l’évêque et le comité exécutif Conseil du ministère ordonné pour vérifier si l’implication des autorités civiles est toujours un obstacle valable à la résolution d’une plainte. La mise en suspens d’une plainte peut être annulée soit par l’évêque soit par le Conseil du ministère ordonné. La durée pendant laquelle une plainte est mise en suspens ne doit pas être comptabilisée dans le délai de prescription. Un membre du clergé maintiendra son statut courant pendant la mise en suspens de la plainte.

 

413. Plaintes contre un évêque

1. La direction épiscopale de l’Église Méthodiste Unie partage, ainsi que toute personne ordonnée, la confiance sacrée de l’ordination. Le ministère des évêques, tel qu’il est énoncé dans le Livre de Discipline de l’Église Méthodiste Unie, découle aussi de l’évangile enseigné par Jésus-Christ et proclamé par ses apôtres (¶ 402). Chaque fois qu’un évêque viole cette confiance ou qu’il n’est pas en mesure de remplir les obligations qui lui incombent, son maintien au sein du bureau épiscopal sera soumis à un examen. Cet examen aura pour objet principal une résolution juste de toute violation de cette confiance sacrée, dans l’espoir que l’œuvre de justice de Dieu, la réconciliation et la guérison puissent être réalisées.

2. Toute plainte concernant l’efficacité, la compétence, ou une ou plusieurs des infractions énumérées au ¶ 2702 devront être soumises au président du Collège des évêques de la conférence juridictionnelle ou centrale concernée. Si la plainte vise le président, elle devra être soumise au secrétaire du Collège des évêques.  Une plainte est une déclaration écrite et signée faisant état d’une inconduite ou de devoirs ministériels accomplis de façon insatisfaisante, ou d’une ou plusieurs des infractions énumérées au ¶ 2702.

3. Après avoir reçu une plainte conformément au ¶ 413.2, le président et le secrétaire du Collège des évêques, ou le secrétaire et un autre membre du Collège si la plainte vise le président (ou le président et un autre membre du Collège si la plainte vise le secrétaire) devront dans les 10 jours consulter le président du comité juridictionnel ou de conférence centrale sur l’épiscopat qui nommera dans le comité un membre pratiquant et un membre du clergé n’appartenant pas à la même région épiscopale, n’appartenant pas à la région épiscopale où l’évêque visé par la plainte a été élu ou affecté, et n’étant pas du même sexe.

  1. Lorsque cela est approprié pour assurer le bien-être du plaignant, l’Église et/ou l’évêque, le Collège des évêques en consultation avec le comité juridictionnel ou de conférence centrale sur l’épiscopat peuvent suspendre l’évêque de toutes ses responsabilités épiscopales pour une durée de 60 jours au maximum. Pendant la suspension, le salaire, le logement et les prestations continueront d’être accordés. 
  2. La réponse de l’autorité de supervision sera pastorale et administrative, et devra tendre à une juste résolution. Il ne s’agit pas d’une procédure judiciaire. La réponse de l’autorité de supervision devra être apportée de façon confidentielle et exécutée dans les 120 jours. Ce délai peut être prorogé de 120 jours si l’évêque chargé de la supervision et deux membres du comité juridictionnel ou de conférence centrale sur l’épiscopat, nommés pour la procédure de supervision, déterminent qu’une prorogation serait productive. Il peut y avoir une deuxième prorogation de 120 jours par consentement mutuel écrit de l’évêque chargé de la supervision, des membres du comité juridictionnel ou de conférence centrale sur l’épiscopat désignés pour la procédure de supervision, du plaignant et de l’évêque visé par la plainte. 

L’évêque chargé de la supervision devra régulièrement informer toutes les parties de l’état d’avancement de la procédure, et aviser toutes les parties dans les 7 jours après qu’il a été déterminé que la réponse de l’autorité de supervision ne conduira pas à une résolution de la question.

Aucun procès-verbal ne sera rédigé et aucun conseil juridique ne sera présent, bien que l’évêque visé par la plainte ainsi que le défendeur puissent choisir de se faire accompagner par une tierce personne qui aura voix au chapitre. Sur décision du président (secrétaire), des personnes possédant des qualifications et de l’expérience en matière d’évaluation, d’intervention ou de guérison pourront être sélectionnées pour aider aux réponses de supervision. D’autres personnes peuvent aussi être consultées. 

  1. La réponse de l’autorité de supervision peut inclure une procédure recherchant une résolution juste où les parties sont assistées par une tierce personne qualifiée et impartiale à titre de modérateur ou de médiateur, en vue d’aboutir à un accord satisfaisant pour toutes les parties. (Cf. ¶ 362.1b, c.) Les personnes appropriées, y compris le président du Collège des évêques, ou le secrétaire si la plainte vise le président, devront conclure un accord écrit décrivant le processus, y compris tout accord de confidentialité. Si une résolution est obtenue, une déclaration écrite de résolution, y compris les conditions générales, devra être signée par les parties, et celles-ci conviendront de toute question à divulguer à une tierce partie. Cette déclaration écrite de résolution doit être remise à la personne chargée de cette étape de la procédure pour que d’autres mesures soient prises conformément à l’accord. 
  2. (i) Si la réponse de l’autorité de supervision aboutit à une résolution de la question, l’évêque chargé de la réponse de l’autorité de supervision et les deux membres du comité épiscopal nommés pour la procédure de supervision (¶ 413.3) devront surveiller l’exécution des conditions de la résolution. Si la réponse de l’autorité de supervision n’aboutit pas à une résolution de la question, le président ou le secrétaire du Collège des évêques peut soit rejeter la plainte sur consentement du Collège des évêques et du comité sur l’épiscopat en motivant cette décision par écrit et en incluant une copie de ce document dans le dossier de l’évêque, soit renvoyer la question au comité sur l’épiscopat à titre de plainte administrative en vertu du ¶ 413.3e, ou renvoyer la question à l’avocat de l’Église en vertu du ¶ 2704.1 pour préparer une plainte à transmettre au comité d’enquête.

(ii) Si dans les 180 jours suivant la réception de la plainte  

par le président ou le secrétaire du Collège des évêques (comme spécifié au ¶ 413.2), la réponse de l’autorité de supervision n’aboutit pas à une résolution de la question, et que le président ou le secrétaire du Collège des évêques n’a pas renvoyé la question à titre de plainte administrative ou judiciaire, la question sera traitée de la façon suivante :

    1. Dans le cas d’un évêque de l’une des conférences centrales, un panel de trois évêques – un de chaque continent – sélectionnés par le Conseil des évêques ; ou 
    2. Dans le cas d’un évêque de l’une des conférences juridictionnelles, un panel de cinq évêques – un pour chacune des conférences juridictionnelles – sélectionnés par le Conseil des évêques ; le panel continuera la procédure de réponse de l’autorité de supervision, et dans les 180 jours rejettera ou renverra la plainte comme indiqué ci-dessus. 

(iii) Tous les coûts associés aux mesures prises en vertu 

du paragraphe (ii) ci-dessus seront pris en charge par le Fonds épiscopal.

         (iv) Le Conseil des évêques peut à n’importe quel moment de  

la procédure, après le dépôt d’une plainte, y compris après une résolution juste, retirer la plainte du Collège des évêques pour la transmettre au Conseil des évêques par un vote à la majorité des 2/3. 

  1. Plainte administrative — Si la plainte est fondée sur des allégations d’incompétence, d’inefficacité, ou sur le refus ou l’incapacité de s’acquitter des fonctions épiscopales, le président ou le secrétaire du Collège des évêques (ou les deux membres du Collège s’occupant de la plainte) devront renvoyer la plainte au comité juridictionnel ou de conférence centrale sur l’épiscopat. Le comité peut recommander une mise à la retraite (¶ 408.3), un congé d’invalidité (¶ 410.4), des mesures correctives, ou d’autres mesures appropriées ; ou il peut rejeter la plainte. Lorsque le comité juridictionnel ou de conférence centrale sur l’épiscopat considère que la question est suffisamment grave et que la plainte fait état d’une ou plusieurs des infractions énumérées au ¶ 2702, le comité peut renvoyer la plainte au président et au secrétaire du Collège des évêques (ou aux deux membres du Collège s’occupant de la plainte) pour renvoi à titre de plainte judiciaire au comité d’enquête juridictionnel ou de conférence centrale. Les dispositions du ¶ 361.2 relatives à une procédure équitable lors des audiences administratives s’appliquera à cette procédure administrative.
  1. Toute mesure prise par le comité juridictionnel ou de conférence centrale concernant une plainte devra être signalée à la prochaine session juridictionnelle ou de conférence centrale. 
  2. Chaque juridiction mettra en place un protocole de prise en charge des laïcs, membres du clergé ou du personnel dont il est déterminé qu’ils sont touchés par le traitement de la plainte. 
  3. Immunité contre les poursuites judiciaires — En vue de préserver l’intégrité de la procédure de traitement des plaintes de l’Église et d’assurer la participation totale et en tout temps, du Collège des évêques, de l’équipe ayant l’autorité de supervision, du comité juridictionnel sur l’épiscopat, des témoins, des défenseurs d’une cause, et de toutes les personnes impliquées dans la procédure de plainte visant un évêque, il leur sera accordé l’immunité contre les poursuites relatives aux plaintes déposées contre eux dans une procédure de plainte particulière, sauf si une infraction condamnable a été commise en connaissance de cause et de mauvaise foi. Il incombera au plaignant, dans toute poursuite à l’encontre de l’une des personnes susmentionnées concernant le rôle de celle-ci dans une procédure de plainte particulière, de démontrer par des preuves claires et convaincantes que les actions de ladite personne constituent une infraction condamnable commise en connaissance de cause et de mauvaise foi. L’immunité décrite dans cette disposition s’étendra aux procédures civiles dans toute la mesure autorisée par les lois civiles.

1.  Un évêque, un membre du clergé membre d’une conférence annuelle (¶ 370), un pasteur local,9  un membre du clergé dans un emplacement honorable ou administratif, ou un ministre diaconal peuvent être traduits en justice (s’il n’y a pas prescription selon le ¶ 2702.4)10 pour une ou plusieurs des infractions suivantes : (a) immoralité y compris, mais sans s’y limiter, le non-respect de la règle de chasteté dans le célibat ou de fidélité dans le mariage ;11 (b) pratiques déclarées par l’Église Méthodiste Unie comme étant incompatibles avec les enseignements chrétiens12  y compris, mais sans s’y limiter : être une personne homosexuelle ouvertement déclarée ; ou diriger des cérémonies qui célèbrent les unions homosexuelles ; ou officier des cérémonies de mariage de personnes du même sexe ;13 (c) crime ; (d) désobéissance à l’ordre et à la discipline de l’Église Méthodiste Unie ; (e) dissémination de doctrines contraires aux normes établies par l’Église Méthodiste Unie ; (f) des relations et/ou un comportement qui sape le ministère d’un autre pasteur ;14 (g) maltraitance d’enfants ;15 (h) abus sexuels ;16 i) inconduite sexuelle 15 y compris l’utilisation ou la possession de pornographie ; (j) harcèlement y compris, mais sans s’y limiter, harcèlement racial et/ou sexuel ; (k) discrimination raciale ou sexiste ; ou (l) malversations fiscales.

2. Un évêque, un membre du clergé membre d’une conférence annuelle, ou un ministre diaconal peuvent être traduits en justice lorsque l’organe approprié recommande leur départ involontaire.17

 9. Cf. Décision 982 du Conseil judiciaire.

10. La prescription est entrée en vigueur le 1er janvier 1993. Toutes les infractions alléguées s’étant produites avant cette date sont prescrites. Cf. Décisions 691, 704 et 723 du Conseil judiciaire.

11. Les termes « y compris mais sans s’y limiter . . .  » sont apparus pour la première fois dans le Livre de Discipline de 2004, avec entrée en vigueur le 1er janvier 2005.

12. Cf. Décisions 702, 984, 985 et 1185 du Conseil judiciaire.

13. Les termes « y compris mais sans s’y limiter . . .  » sont apparus pour la première fois dans le Livre de Discipline de 2004, avec entrée en vigueur le 1er janvier, 2005.

14. Cf. Décision 702 du Conseil judiciaire.

15. Cette infraction a pour la première fois été listée séparément comme infraction condamnable dans le Livre de Discipline de 1996, avec entrée en vigueur le 27 avril 1996. Cf. Décision 691 du Conseil judiciaire.

16. Cf. Décisions  736 et 768 du Conseil judiciaire.

17. Cf. Décision 767 du Conseil judiciaire.

 

INVESTIGATIONS, PROCÈS ET APPELS ¶ 2702

3.  Un membre pratiquant au sein d’une église locale peut être accusé des infractions suivantes et peut, le cas échéant, choisir d’avoir un procès : (a) immoralité ; (b) crime ; (c) désobéissance à l’ordre et à la discipline de l’Église Méthodiste Unie ; (d) dissémination de doctrines contraires aux normes établies par l’Église Méthodiste Unie ; (e) abus sexuels ; (f) inconduite sexuelle ;18  (g) maltraitance d’enfants ; (h) harcèlement, y compris mais sans s’y limiter, harcèlement racial et/ou sexuel ; (i)  discrimination raciale ou sexiste ; (j) relations et/ou comportements qui sapent le ministère de personnes en fonction à un poste ; ou (k) malversations fiscales.

4.  Prescription — Aucune plainte judiciaire ou accusation ne sera prise en compte si les faits allégués n’ont pas été commis dans les six ans qui précèdent immédiatement le dépôt de la plainte d’origine ; sauf dans les cas d’abus sexuels ou de maltraitance d’enfants, et dans les cas d’immoralité ou de crime, lorsque le ou les faits allégués incluent des allégations d’abus sexuels ou de maltraitance d’enfants ; le cas échéant, il n’y aura pas de prescription (¶ 2704.1a).15

Le temps passé en congé autorisé ne sera pas considéré comme faisant partie des six ans.

5. Moment de l’infraction — Une personne ne sera pas accusée d’avoir commis une infraction si, au moment des faits, les faits ne constituaient pas une infraction condamnable. Toute accusation portée devra l’être conformément aux termes du texte du Livre de Discipline en vigueur au moment des faits allégués, sauf dans les cas d’immoralité ou de crime, lorsque le ou les faits allégués incluent des allégations d’abus sexuels ou de maltraitance d’enfants. Le cas échéant, l’accusation portée devra être conforme aux termes du texte du Livre de Discipline au moment où l’accusation aura été portée. Toute accusation doit se rapporter à une action listée au nombre des infractions condamnables dans la Discipline.

 18. Cette infraction a pour la première fois été listée séparément comme infraction condamnable dans le Livre de Discipline de 2000, avec entrée en vigueur le 1er janvier 2001. Cf. Décision 691 du Conseil judiciaire.

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